Législatives: On a demandé à des jeunes pourquoi ils se sont abstenus

ELECTIONS 64% des moins de 35 ans ne se sont pas rendus aux urnes ce dimanche ...

Martin Guimier

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Illustrations: Panneaux d'affichage officiels des candidats finalistes pour la campagne de l'election presidentielle francaise. Certains affiches sont detournees, ou annotees de propos injurieux:
Illustrations: Panneaux d'affichage officiels des candidats finalistes pour la campagne de l'election presidentielle francaise. Certains affiches sont detournees, ou annotees de propos injurieux: — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Les jeunes sont traditionnellement les champions de l’abstentionnisme. Et ce premier tour des élections législatives n’a pas dérogé à la règle : une grande majorité d’entre eux n’a pas jugé nécessaire d’aller voter. 20 Minutes a interrogé les membres de la communauté Moi Jeune sur les raisons de ce boycott des urnes.

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« Il faisait beau »

Ce serait l’une des raisons dela désertion massive des bureaux de vote. Le beau temps, présent un peu partout en France ce week-end, aurait poussé de nombreux jeunes à vaquer à d’autres occupations. C’est le cas de Marion : « J’avais prévu d’aller voter mais le beau temps m’a détourné des urnes… Aussi simple que ça ! » Ou de Morgane : « Je n’ai pas voté hier tout simplement parce qu’avec ce beau temps je suis partie en week-end et n’ai pas pu rentrer avant la fermeture des bureaux de vote […] Je n’aurais pas annulé ou raccourci mon week-end pour aller voter ». Une météo qui ne saurait expliquer à elle seule une abstention s’élevant à 73 % chez les moins de 25 ans, soit les trois-quarts d’entre eux, selon les chiffres de l’IFOP.

« Ça ne changera rien »

Ces chiffres sont à replacer dans le contexte de désintérêt général qu’a suscité ce premier tour des élections législatives. « L’abstention est particulièrement significative dans l’ensemble de la population. Mais le chiffre n’est pas si impressionnant concernant les jeunes au vu de l’abstention générale », selon la sociologue du CEVIPOF Anne Muxel. Néanmoins, cela souligne à nouveau la distance qui existe entre les jeunes et la classe politique. « Les jeunes votent moins que le reste de la population de manière générale, excepté à l’élection présidentielle », explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondages IFOP. « Lors des élections législatives, il y a le sentiment que les jeux sont déjà faits, que quoi que l’on fasse, la situation est acquise et ne bougera plus ». Un sentiment partagé par certains jeunes, comme Saphira : « Je me suis abstenue parce que ça ne servait pas à grand chose de voter et je ne voulais pas donner ma voix aux partis opposants pour ne pas bloquer le pays », ou Ewen : « Une impression que nous donnons des coups d’épée dans l’eau avec nos votes ».

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« Tous pourris »

Le rejet de la classe politique dans son ensemble est également un thème récurrent. De nombreux jeunes ont le sentiment de ne pas être entendus, ni représentés par les politiques. La défiance est également très forte concernant la probité de ces derniers, et ce ne sont pas les récentes affaires, notamment lors de la campagne présidentielle, qui les auront rassurés. Pourquoi Florian s’est-il abstenu ? « La raison est simple, les mecs et les nanas qui se présentent le font pour leurs carrières et non pour le peuple ». Kay renchérit : « Chacun d’eux est élu pour servir ses propres intérêts prioritairement ». Pour les politiques, une chose de sûre : changer le rapport à la jeunesse sera nécessaire pour espérer la concerner à nouveau.

Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous pouvez participer au projet « #MOIJEUNE », une série d’enquêtes lancée par 20 Minutes et construite avec et pour les jeunes. Toutes les infos pour vous inscrire en ligne ici.