VIDEO. Législatives: La vague Macron s’abat sur l’Assemblée nationale

RESULTATS Les résultats et les enseignements de ce premier tour des élections législatives, ce dimanche 11 juin…

Anne-Laetitia Beraud
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Illustration d'une femme devant des panneaux électoraux à Lyon le 11 juin 2017.
Illustration d'une femme devant des panneaux électoraux à Lyon le 11 juin 2017. — KONRAD K./SIPA

Le parti d’Emmanuel Macron remporte une large victoire au premier tour des élections législatives, même si le scrutin a été marqué par une abstention massive. La République en marche (LREM) et son allié du MoDem pourraient rafler, selon des projections en sièges, entre 390 et 445 sur 577 sièges au total. La majorité absolue est de 289 élus à l’Assemblée nationale.

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« Le résultat de La République en marche est, à l’échelle de la Ve République, du jamais vu », rappelle Eddy Fougier, chercheur associé à l’Iris. « Même le parti gaulliste, l’UNR, n’a pas eu un tel succès en 1958. Le résultat de LREM est sans précédent, voire déroutant. La pression est désormais terrible pour le pouvoir car les électeurs attendent du changement », précise le politologue.

Le naufrage du Parti socialiste

Pour les autres partis, on oscille entre la douche froide et la claque colossale. A droite, Les Républicains et l’UDI pourraient obtenir 132 élus, quand le Parti socialiste coulerait, avec 15 à 40 sièges. Soit moins que lors de la défaite historique de la gauche en 1993 avec 57 députés. Parmi les figures socialistes écartées dès ce premier tour, figurent le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filipetti et François Lamy.

Après avoir été qualifié au second tour de la présidentielle, le Front national obtiendrait entre un et dix sièges. Divisés, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et le PCF pourraient espérer entre 10 et 23 fauteuils.

Autre fait marquant : le taux d’abstention dépasserait les 50 % selon les instituts de sondages, ce qui serait un record depuis les premières législatives de la Ve République de 1958. En 2012, ce taux était de 42,8 %. Un taux d’abstention, qui, aux yeux de Marine Le Pen hypothèque la légitimité de la nouvelle assemblée. La présidente du Front national a par ailleurs appelé les « électeurs patriotes » à « une forte mobilisation » au second tour afin d'« envoyer des députés prêts à s’opposer à la politique mondialiste » d’Emmanuel Macron.

Président « monté en première ligne »

Selon Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives), cette abstention élevée « n’est pas vraiment une surprise », car les législatives attirent moins que la présidentielle, « la clef de voûte des institutions ». « Ceux qui sont allés voter ont donné de manière écrasante leur voix à LREM. Le pays, par son abstention, a consenti à Emmanuel Macron une majorité absolue », analyse le politologue.

Un succès qui s’explique par le fait que le président est « monté en première ligne », en faisant campagne en France ou en étant actif sur la scène internationale, donnant de la voix face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Dimanche prochain, « l’abstention baissera légèrement mais restera forte », prévoit Stéphane Rozès. La conséquence « d’un électorat populaire, qui vote France insoumise ou Front national, qui restera souvent chez soi ».