Législatives: Manuel Valls sauve l'honneur mais reste en sursis

ELECTIONS Après une campagne difficile, l’ancien Premier ministre s’est qualifié pour le second tour des législatives dans la 1ère circonscription de l’Essonne ce dimanche…

L.C.
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Manuel Valls, le 5 juin 2017 à Paris.
Manuel Valls, le 5 juin 2017 à Paris. — EREZ LICHTFELD/SIPA

Depuis sa défaite cuisante lors de la primaire socialiste en janvier dernier, Manuel Valls était dans une mauvaise passe. Paria de son propre parti, persona non grata chez les Macronistes qu’il voulait rejoindre, l’ancien Premier ministre était en difficulté, pour la première fois, dans la première circonscription de l’ Essonne où il a toujours gagné depuis 2002. Il s’est finalement qualifié au premier tour des législatives ce dimanche, avec 25,45 % des suffrages exprimés. Ne serait-ce qu’un bref sursis ? Au second tour, le Catalan affrontera la candidate de la France insoumise, Farida Amrani, qui a enregistré 17,61 % des voix. Les derniers sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude.



Une campagne compliquée

Son appel à voter pour Emmanuel Macron avant le premier tour de la présidentielle avait acté son divorce avec le Parti socialiste (PS), qui ne l’avait pas investi pour les législatives. Il avait eu beau chanter les louanges du fondateur de La République en marche (LREM) et clamer dans les médias qu’il serait candidat de la majorité présidentielle, l’ancien chef du gouvernement n’avait pas été accueilli à bras ouverts par les Macronistes, loin de là. Sans ménagement, ils lui avaient refusé l’investiture qu’il souhaitait.

Face à lui, il n’y avait ni candidat LREM ni candidat PS. Mais les candidatures anti-Valls s’étaient multipliées. L’humoriste et bête noire de Manuel Valls Dieudonné était candidat, avec pour suppléant Nolan Lapie, le jeune homme qui avait giflé l’ex Premier ministre. Jean-Luc Raymond, un marcheur dissident, s’était lancé en raison selon lui du « niveau de rejet insoupçonnable » du député sortant, expliquait-il à 20 Minutes.

Victime du dégagisme

En effet, un sondage Odoxa pour L’Express, France Inter et la presse régionale plaçait pour la première fois fin mai, Manuel Valls en tête des personnalités les plus détestées des Français, un point devant Marine Le Pen. Le candidat avait soigneusement tenu les médias et caméras à l’écart de campagne sur le terrain mais cela ne l’avait pas empêché d’être fréquemment invectivé par des Essonniens lors de ses déambulations dans sa circonscription.

Sans étiquette, le député sortant s’est finalement qualifié pour le second tour. Mais rien n’est gagné face à Farida Amrani dans cette circonscription où Jean-Luc Mélenchon est arrivé nettement en tête au premier tour de la présidentielle, avec près de 35 % des suffrages exprimés à Evry.