Législatives: Quelle sera l'issue du scrutin? Découvrez les quatre scénarios possibles

POLITIQUE Alors que le premier tour des élections législatives a lieu ce dimanche, les différentes issues possibles semblent se dessiner ...

Martin Guimier

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Assemblée nationale (illustration).
Assemblée nationale (illustration). — NICOLAS MESSYASZ / SIPA

Emmanuel Macron va-t-il remporter son pari ? A l’approche des élections législatives qui se déroulent les 11 et 18 juin, 20 Minutes a envisagé les différentes issues possibles avec Thomas Vitiello, membre du Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris.

  • Le scénario probable : LREM obtient la majorité absolue

Tous les voyants sont au vert pour La République En Marche (LREM) d’Emmanuel Macron. Donné largement favori, le mouvement du nouveau président de la république devrait facilement dépasser la barre des 289 élus, synonyme de majorité absolue. A en croire les dernières enquêtes d’opinion*, La République en Marche est en bonne voie pour remporter la plus grosse part du gâteau avec jusqu’à 400 députés. Résultat, Les Républicains, le Parti socialiste, la France Insoumise ainsi que le Front national ne devraient alors se contenter que des miettes. D’autant que LREM peut compter sur le soutien du MoDem, qui pourrait l’emporter dans une quinzaine de circonscriptions. Une situation inédite rappelle Thomas Vitiello, pour « un parti qui se retrouverait avec une majorité absolue à l’Assemblée nationale un an seulement après sa création ». Dans ce cas de figure, le gouvernement aurait les mains libres pour appliquer son programme, tandis que les autres partis devraient se résoudre à des coalitions pour exister.

  • Le scénario possible : LREM n’obtient qu’une majorité relative

Ce serait un échec pour le nouveau gouvernement, qui serait le premier à ne pas bénéficier d’une majorité absolue depuis 2002, c’est-à-dire depuis que les élections législatives suivent l’élection présidentielle. La République En Marche devrait alors se trouver des alliés, soit chez les élus de droite se disant « constructifs », soit chez les socialistes, soit à l’UDI. La tâche serait alors moins aisée pour le gouvernement, qui devra notamment « faire des compromis avec Les Républicains » selon le chercheur.

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  • Le scénario improbable : Les Républicains obtiennnent une majorité relative

Après le fiasco de l’élection présidentielle, symbolisé par les affaires Fillon « une victoire, même relative, des Républicains serait un message fort politiquement », estime Thomas Vitiello. La République En Marche « chercherait à établir un accord global sur des grands points avec le groupe Les Républicains », qui deviendrait alors incontournable. Les deux partis pourraient notamment s’entendre sur « les réformes économiques et sur les questions de sécurité ».

  • Le scénario inattendu : LR obtient la majorité absolue

Ce cas de figure serait sans précédent dans l’histoire de la Ve République. Pour la première fois, un président de la Ve République fraîchement élu devrait subir une cohabitation. « Le parti Les Républicains composerait alors lui-même son gouvernement, en consultant très peu le président de la république », selon le chercheur. Mais avec le climat de division régnant chez Les Républicains, favorisé par les ralliements d’élus de droite à Emmanuel Macron et la nomination d’Edouard Philippe, ex-LR, à la tête de Matignon, ce scénario relèverait aujourd’hui du miracle.

 

*Selon un sondage OpinionWay/Orpi (réalisée en ligne du 6 au 8 juin auprès de 3.080 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d’un échantillon de 3.159 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas avec une marge d’erreur située entre 0,8 et 1,8 point) publié jeudi et réalisé pour Les Echos et Radio classique, le mouvement du président Emmanuel Macron obtiendrait 30 % d’intention de vote devant Les Républicains, alliés aux centristes de l’UDI, à 21 %, et le Front national à 18 %. Au final, LREM aurait entre 370 à 400 députés, Les Républicains et l’UDI obtiendraient 120 à 150 sièges, le Front national entre 8 et 18 sièges, La France insoumise et le PCF entre 12 et 22, le PS et ses alliés 15 à 25, 5 à 10 sièges étant répartis entre d’autres députés.