Législatives: «Les gens savent que je suis un mec sérieux, compétent et intègre», plaide l'ex numéro 3 de la gendarmerie

INTERVIEW Bertrand Soubelet, ancien numéro 3 de la gendarmerie, est candidat dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine…

Propos recueillis par Thibaut Chevillard

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Bertrand Soubelet a passé 35 ans dans la gendarmerie. Il se présente aux élections législatives dans les Hauts-de-Seine
Bertrand Soubelet a passé 35 ans dans la gendarmerie. Il se présente aux élections législatives dans les Hauts-de-Seine — Witt/SIPA
  • L’ancien numéro 3 de la gendarmerie se présente aux législatives dans les Hauts-de-Seine.
  • Il avait été évincé de l’institution après avoir formulé des reproches à l’encontre de la politique pénale du précédent gouvernement.

Il a occupé les plus hautes fonctions au sein de la gendarmerie. Le général Bertrand Soubelet Soubelet, 56 ans, a été pendant quatre ans le numéro 3 de cette institution qu’il a quitté en octobre 2016, poussé vers la sortie par ses chefs. Il a été reproché à ce militaire, originaire des Pyrénées-Atlantique et connu pour son franc-parler, d’avoir formulé devant une mission d’information parlementaire un certain nombre de reproches concernant la politique pénale du précédent gouvernement. Ses propos étaient passés inaperçus jusqu’à ce que Le Figaro s’en fassent l’écho quelques jours plus tard.

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Aujourd’hui, il a troqué l’uniforme bleu des gendarmes contre le costume gris de candidat aux élections législatives. Bien décidé à faire profiter les Français de son expérience, Bertrand Soubelet se présente dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, là où se trouve justement le siège de la gendarmerie nationale. Entre deux réunions publiques, il a pris le temps de répondre aux questions de 20 Minutes.

Pourquoi avez-vous pris la décision de vous engager en politique ?
Pendant de nombreuses années, je pensais que jamais je ne m’engagerai en politique. Mais en quittant la gendarmerie, j’ai compris que ce qui comptait le plus pour moi, c’était de m’engager pour mon pays. Compte tenu de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, j’ai pensé que les compétences que j’avais acquises dans la gendarmerie pendant 35 ans seraient utiles à l’Assemblée nationale. Là-bas, il n’y a aucun spécialiste des questions de sécurité alors que nous sommes en état d’urgence. Je veux apporter un peu de pragmatisme, permettre à l’Assemblée de produire des lois simples, applicables et utiles aux Français.

Vous aviez apporté, en mars dernier, votre soutien à Emmanuel Macron avant d’avancer que vous ne brigueriez pas l’investiture d’En Marche. Que s’est-il passé ?
Quand je suis sorti de la gendarmerie, son équipe est venue me voir pour que je leur fasse profiter de mon expérience. Nous avons collaboré pendant trois mois. Emmanuel Macron a ensuite souhaité me rencontrer et m’a demandé de continuer à travailler avec lui. Je lui ai alors fait un certain nombre de propositions. Elles n’ont pas forcément plu à son entourage qui me l’a fait sentir. Or, je voulais juste aider et n’avais pas envie prendre des coups. J’ai donc pris mes distances avec le mouvement En Marche, mais pas avec Emmanuel Macron. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Par ailleurs, c’est arrivé au moment où certains membres du gouvernement de François Hollande, dont Jean-Yves Le Drian, l’ont rejoint. Je n’avais pas envie de me retrouver avec les gens qui ont participé à mon évincement de la gendarmerie.

« Je n’ai pas compris la manière dont j’ai été écarté de la gendarmerie »


Qu’est-ce qui, selon vous, vous distingue de vos concurrents ?
J’habite dans cette circonscription depuis vingt ans, mes enfants y sont nés, j’y ai tous mes amis et mon épouse est très impliquée dans la vie associative à Issy-les-Moulineaux. Certains de mes opposants, eux, n’y habitent même pas. Par ailleurs, ils n’ont fait dans leur vie que de la politique, même s’ils sont parfois assez jeunes. Moi, je n’en ai jamais fait. Or je pense que notre pays a besoin de renouveler sa classe dirigeante, avec des gens issus de la société civile. Enfin, je pense avoir une certaine expérience, du recul sur les choses. Mais j’entretiens de très bons rapports avec eux. Quand je ne suis pas d’accord avec les gens, je leur dis et on discute sereinement.

Vous avez été évincé de la gendarmerie après avoir formulé des reproches concernant la politique pénale du précédent gouvernement. Comment avez-vous vécu cet épisode ?
J’ai reçu des milliers de témoignages de gens qui me soutenaient. J’estime ne pas avoir critiqué la politique pénale du précédent gouvernement. J’ai fait simplement un constat lucide. Je ne pouvais pas ne pas dire aux parlementaires la vérité. J’aurais manqué à mon devoir le plus élémentaire si je ne l’avais pas fait. C’est pourquoi je n’ai pas compris la manière dont j’ai été écarté de la gendarmerie. Mais cet épisode est terminé, j’ai l’habitude de regarder vers l’avenir et à ne pas me tourner vers le passé.


La gendarmerie vous manque-t-elle ?
Ce qui me manque, c’est le contact, la proximité que j’avais avec mes collaborateurs, avec les gendarmes qui sont à la tâche dans leurs unités. Je retrouve un peu ça dans cette campagne, quand je rencontre les électeurs sur le terrain. Une campagne, c’est très exigeant, ça demande beaucoup d’engagement. Mais il y a des retours humains qui sont vraiment formidables. On apprend beaucoup de choses.

Êtes-vous optimistes pour dimanche ?
Oui, très. Je sens que ça bouge beaucoup dans la circonscription. Les gens me connaissent désormais, ils savent que je suis un mec sérieux, compétent et intègre.