Législatives: Aucun candidat FN ne sera suspendu pour propos extrêmes, annonce Nicolas Bay

REACTION Le patron de la campagne FN pour les législatives réagit après l’enquête de Buzzfeed publiée mardi…

20 Minutes avec AFP

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Le frontiste Nicolas Bay, en charge du FN pour les élections législatives, lors d'une conférence sur le terrorisme à Paris, le 10 avril 2017.
Le frontiste Nicolas Bay, en charge du FN pour les élections législatives, lors d'une conférence sur le terrorisme à Paris, le 10 avril 2017. — Benjamin CREMEL / AFP

Nicolas Bay, patron de la campagne FN pour les législatives, a affirmé ce mercredi qu’aucun candidat FN n’était en l’état suspendu et a défendu la « campagne exemplaire des 573 candidats » de son parti, après des enquêtes pointant des propos extrêmes de plusieurs dizaines d’entre eux.

Interrogé lors d’une conférence de presse à Nanterre au siège du FN sur d’éventuelles suspensions de candidats aux législatives à quatre jours du premier tour, Nicolas Bay a répondu « non ». « Nous allons étudier les propos qui leur sont prêtés mais nous avons pu constater en faisant une première analyse que l’immense majorité de ces propos, même quand ils sont exprimés maladroitement, relèvent de la liberté d’expression » sur « l’immigration, l’islamisme ou le lien immigration - terrorisme », a-t-il estimé.

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« Ces propos ne sont pas suffisamment graves pour qu’on retire la confiance à nos candidats »

Pour lui, il y a d’autres propos plus isolés qui peuvent « nécessiter un petit rappel à l’ordre », qui peuvent être « maladroitement exprimés, sortis de leur contexte, relever de l’humour pas toujours de très bon goût, mais ces propos ne sont pas suffisamment graves pour qu’on retire la confiance à nos candidats ». « On est parfaitement irréprochables, les critères que nous appliquons ne sont pas ceux de Buzzfeed », le site d’information en ligne, auteur d’une enquête publiée mardi. « Les 573 candidats qui portent nos couleurs mènent une campagne exemplaire », a-t-il garanti.

Interrogé sur plusieurs cas particuliers, ceux de Joseph Damour (2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques), rediffusant un tweet qualifiant de « pédale » Pierre Bergé, copropriétaire du Monde ; de Grégory Stich (2e circonscription du Haut-Rhin) qui a tweeté en juillet 2014 un visuel évoquant l’existence d’un supposé « lobby juif », ou de Christophe Versini (15e circonscription de Paris) pour qui « l’ennemi c’est l’islam. Nous sommes en guerre contre l’islam », Nicolas Bay a concédé qu'« ils ne correspondent pas aux idées, aux valeurs que nous défendons ».

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Nicolas Bay a dénoncé une « méthode éminemment contestable » de Buzzfeed

« Mais la question c’est s’ils ont bien relayé eux-mêmes ces propos. Parfois quand c’est pas le candidat lui-même qui tient ces propos et qu’il le partage, c’est parfois une maladresse, parfois on partage un propos sans le partager, on peut même le partager pour le critiquer. Il faut avoir une analyse attentive et ne pas faire de procès d’intention à nos candidats », a insisté l’eurodéputé FN. Interrogée le matin sur France 2, Marine Le Pen s’en était déjà pris au « peu de sérieux de cette enquête (…) . Il peut y avoir des propos qui sont choquants mais l’immense majorité ce sont des considérations politiques qu’on peut avoir le droit d’évoquer en France », avait-elle déjà justifié.

Nicolas Bay a, en outre, pointé sur le fond une « méthode éminemment contestable, elle consiste à faire cette analyse très minutieuse uniquement sur les candidats du FN et pas sur les autres ». A ses côtés, Julien Sanchez, maire FN de Beaucaire et porte-parole du FN pour ces législatives, a dit « constater que ça ne choque pas M. Macron ou M. Bayrou (ndlr : Garde des Sceaux) que plusieurs partis politiques aient comme seul objectif dans ces législatives qu’il n’y ait pas un seul député FN à l’Assemblée », citant « La France insoumise », « Les Républicains » et « La République en marche ».