Les nouveaux défis d'Europe Ecologie - Les Verts

POLITIQUE Le parti écologiste vit une période contrastée...

Maud Pierron

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Le député EELV François de Rugy lors d'un meeting à Nantes, le 14 mars 2011.
Le député EELV François de Rugy lors d'un meeting à Nantes, le 14 mars 2011. — SIPA

Un groupe à l’Assemblée, un groupe au Sénat et deux ministres! Institutionnellement, le parti écologiste n’a jamais aussi bien vécu. Mais «le soufflet Europe Ecologie-Les Verts est retombé, le parti est entre deux eaux et son influence dans la société décroît», analyse sans concession un cadre du parti. Un paradoxe. Et ce sera à Pascal Durand, le porte-parole du mouvement qui succède samedi à Cécile Duflot à la tête d’EELV, d’y remédier. Pour l’instant, l’avocat d’affaires fait l’unanimité dans le parti, d’autant plus que c’est Cécile Duflot, patronne du parti depuis six ans, qui l’a poussé en haut de l’affiche. 

Mais les chantiers seront nombreux. «L’image du parti est brouillée», ajoute Yannick Jadot, selon qui les adhésions des coopérateurs d’EEELV ne sont quasiment pas renouvelées. «Il faut reconstruire notre mouvement», notamment dans l’organisation, ajoute l’éphémère porte-parole d’Eva Joly. EELV devra apprendre à être un parti de gouvernement sans être godillot. Complexe, surtout dans ce parti imprévisible. «Le parti doit garder une capacité d’interpellation et son autonomie par rapport aux parlementaires», décrit Sergio Coronado, élu député dimanche dernier. «C’est la fin de cycle pour beaucoup de partis. Il y a un besoin de se renouveler car la crise oblige à penser différemment», plaide Yves Contassot.

«L’homme providentiel, ça n’existe pas»

Car c’est une évidence, les 2% et des poussières recueillies par Eva Joly à la présidentielle montrent que les écolos n’ont pas su trouver les mots pour convaincre que «l’écologie, c’est la solution», même en temps de crise, comme le martelait Pascal Durand. Le logiciel d’EELV doit être corrigé. «Il faut mieux penser la crise», plaide Christophe Rossignol, conseiller régional du Centre. L’enjeu, c’est de «redonner envie d’écologie», ce qui passe par «un discours d’ouverture» et «non un discours identitaire vert».

Car Europe Ecologie-Les Verts n’a que deux ans d’existence et la greffe entre les 100% verts et les autres a parfois, encore, des ratés. Avec son profil d’avocat d’affaires, proche de Hulot mais loyal au mouvement et notamment à Eva Joly, Pascal Durand est-il l’homme de la situation?  «Il a vraiment envie de changement et pas seulement de gérer. C’est positif mais le pari est extrêmement difficile», analyse Christophe Rossignol. «L’homme providentiel, ça n’existe pas», balaie d’un revers de main Yves Contassot. «C’est devant le mur qu’on voit le maçon, mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un cadeau qu’on lui a fait», lâche un cadre. Seul point positif: les caisses du parti, dans le rouge depuis 2007, ont été renflouées grâce au carton des législatives.