Législatives: Ciel rose sur l'Assemblée nationale

ASSEMBLÉE e Parti socialiste et ses partenaires de gauche obtiendraient environ 314 sièges, tandis que l'abstention a grimpé à 43,71%...

Matthieu Goar

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L'assemblée nationale à Paris.
L'assemblée nationale à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le PS et ses alliés ont réussi le pari d’obtenir une majorité absolue de sièges, au terme d’un scrutin de second tour marqué par une très forte abstention. Et par les défaites de figures comme Ségolène Royal et Claude Guéant.

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Une Assemblée à large majorité rose (et deux éléphants battus)

Un ciel rose pour le début de quinquennat de François Hollande et un gros nuage avec la défaite de Ségolène Royal à La Rochelle. Avec un groupe d’environ 314 sièges (en comptant les élus des deux partis associés, le MRC et le PRG), selon CSA pour 20 Minutes à minuit, le PS obtient largement plus de 289 sièges et donc la majorité absolue à l’Assemblée, «l’information centrale de la soirée», selon Laurent Fabius. Aucun scénario n’envisageait une victoire aussi large avant les législatives. Avec un Sénat déjà à gauche, François Hollande et Jean-Marc Ayrault auront les mains totalement libres pour faire voter les lois, même s’il faudra surveiller de près les humeurs du groupe PS à l’Assemblée. «Je voudrais remercier les Français de cette confiance qui nous honore et nous oblige», a lancé Martine Aubry sur France 2. Les candidats socialistes ont pour la plupart bénéficié de la dynamique de l’élection de François Hollande. Par exemple les 25 ministres qui se présentaient et qui ont tous été réélus, même Marie-Arlette Carlotti qui se présentait dans une circonscription très compliquée des Bouches-du-Rhône. «L’œuvre qui est devant nous est immense», a déclaré Jean-Marc Ayrault en direct de l’Hôtel Matignon. Une oeuvre qui se déroulera à l'Assemblée sans Ségolène Royal battue en Charente-Maritime, ni Jack Lang battu dans les Vosges.

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Des alliés faibles

Le PS n’aura même pas besoin d’une majorité plurielle comme en 1997. Et les autres partis de gauche peineront sans doute à exister dans l’ombre de socialistes très puissants, notamment le Front de gauche (environ 10 députés) qui a perdu presqu’une dizaine de députés depuis 2007. Grâce à l’accord électoral avec le PS, les écologistes ont réussi à faire élire 18 députés, ce qui leur permettra de constituer un groupe même s’ils auraient pu espérer plus de 20 élus. Le PS affirme vouloir rester «ouvert» à ces partenaires de la gauche. Un remaniement pourrait avoir lieu dans les jours à venir. Peut-être jeudi ou vendredi puisque François Hollande part en voyage officiel au sommet du G20 au Mexique, lundi. Les communistes voteront cette semaine pour savoir s’ils acceptent d’entrer au gouvernement (si jamais Ayrault pense à eux).

Une droite laminée                                   

Un électorat démobilisé, certaines figures battues (Claude Guéant, Eric Raoult, Michèle Alliot-Marie), la soirée a été compliquée pour l’UMP. «C’est le jeu de l’alternance démocratique. Les Français ont fait un choix», a reconnu Henri Guaino quelques minutes après 20h. Avec environ 228 élus, l’UMP obtient un nombre de sièges historiquement faible, même si on est très loin du résultat catastrophique de 1981 (158 sièges). Mais même après la dissolution de 1997, le RPR et l’UDF avaient quand même réussi à conquérir 251 sièges. Le parti de Jean-François Copé, affaibli après une présidentielle ratée, a perdu son pari de ne pas laisser la totalité des pouvoirs au PS. «L’opposition sera digne mais vigilante», a prévenu François Fillon, élu à Paris. Lors de ces législatives, l’UMP a sans doute subi une démobilisation plus forte de son électorat dont toutes les études d’opinion ont montré qu’il se désintéressait plus fortement de ces législatives que celui de la gauche.

>> Lire notre reportage au siègne de l'UMP

Le FN de retour à l’Assemblée

Marine Le Pen avait prévenu. «Un député, ce sera un succès. Si on en a deux un triomphe, et dix, une révolution», expliquait-elle avant le premier tour. Finalement, le parti d’extrême droite a réussi à faire entrer deux représentants à l’Assemblée (Marion Maréchal-Le Pen, benjamine de la future législature, et Gilbert Collard mais pas Marine Le Pen, qui a reconnu sa défaite pour une poignée de voix). Après les 35 députés FN de 1986 lors d’un scrutin à la proportionnelle puis l’élection à Toulon de Jean-Marie Le Chevallier en 1997 (invalidée en 1998), le FN réussit donc un retour en force dans l’Assemblée. Il s’agit en effet de son meilleur résultat lors d’élections législatives au scrutin uninominal à deux tours.A ces deux élus, il faut ajouter le maire d'Orange Jacques Bompard, fondateur de la Ligue du sud et ancien frontiste.

>> Lire notre reportage à Carpentras

L’abstention, premier parti de France

Les électeurs sont lassés de la politique. Depuis le 22 avril où l’abstention n’était que de 20,52 % (19,65 %, le 6 mai), les Français ont fui les urnes. Dimanche, l’abstention a grimpé à 43,71%, près de deux points de plus que dimanche dernier. Après des mois de campagne (presqu’un an depuis l’affaire DSK), les électeurs sont fatigués et il semble de plus en plus urgent de réfléchir à un nouveau calendrier électoral qui redonnent du poids et de l’importance aux législatives.

La parité, peut mieux faire

103 femmes au Palais Bourbon en juin 2007. 155 en 2012. La parité progresse mais lentement.