Législatives: Le PS et l'abstention remportent les élections

ASSEMBLEE L'UMP se contenterait de 221 élus, tandis que le Parti socialiste et ses partenaires de gauche obtiendraient environ 322 sièges...

Matthieu Goar

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Une vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
Une vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le PS et ses alliés ont réussi le pari d’obtenir une majorité absolue de sièges, au terme d'un scrutin de second tour marqué par une très forte abstention.

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Une Assemblée à large majorité rose

Au lendemain de la présidentielle, les scénarios les plus optimistes n’imaginaient pas une majorité aussi large. Avec un groupe d'environ 320 sièges (en comptant les élus des deux partis associés, le MRC et le PRG), selon CSA pour 20 Minutes à 22h, le PS obtient largement plus de 289 sièges et donc la majorité absolue à l’Assemblée, «l’information centrale de la soirée», selon Laurent Fabius. Avec un Sénat déjà à gauche, François Hollande et Jean-Marc Ayrault auront les mains totalement libres pour faire voter les lois, même s’il faudra surveiller de près les humeurs du groupe PS à l’Assemblée. «Je voudrais remercier les Français de cette confiance qui nous honore et nous oblige», a lancé Martine Aubry sur France 2. Les candidats socialistes ont pour la plupart bénéficié de la dynamique de l’élection de François Hollande, comme cela s’est vérifié avec les scores d’Aurélie Filippetti en Moselle et de Stéphane Le Foll dans la Sarthe, deux ministres largement élus ((plus de 59% tous les deux) dans des circonscriptions pourtant pas évidentes. «L’œuvre qui est devant nous est immense», a déclaré Jean-Marc Ayrault en direct de l’Hôtel Matignon. Une oeuvre qui se déroulera à l'Assemblée sans Ségolène Royal, ni Jack Lang. 

Des alliés faibles

Pas de groupe pour le Front de gauche (environ 10 députés) et 19 députés pour les écologistes, selon la projection CSA pour 20 Minutes à 22h. Même si les écologistes auront un groupe à l’Assemblée, les partis de gauche peineront sans doute à exister dans l’ombre d’un PS puissant qui profite d’une bipolarisation accélérée de la Ve République où les législatives se transforment en une simple élection de confirmation du second tour de la présidentielle. Le PS affirme vouloir rester «ouvert» aux partenaires de la gauche. Un remaniement pourrait avoir lieu dans les jours à venir. Peut-être jeudi ou vendredi puisque François Hollande part en voyage officiel lundi. Les communistes voteront cette semaine pour savoir s’ils acceptent d’entrer au gouvernement (si jamais Ayrault pense à eux).

Une droite laminée

«C’est le jeu de l’alternance démocratique. Les Français ont fait un choix», a reconnu Henri Guaino quelques minutes après 20h. Avec environ 221 élus, l’UMP obtient un nombre de sièges historiquement faible, même si on est très loin du résultat catastrophique de 1981 (158 sièges). Mais même après la dissolution de 1997, le RPR et l’UDF avaient quand même réussi à conquérir 251 sièges. Le parti de Jean-François Copé, affaibli après une présidentielle ratée, a perdu son pari de ne pas laisser la totalité des pouvoirs au PS. «L’opposition sera digne mais vigilante», a prévenu François Fillon, élu à Paris. Lors de ces législatives, l’UMP a sans doute subi une démobilisation plus forte de son électorat dont toutes les études d’opinion ont montré qu’il se désintéressait plus fortement de ces législatives que celui de la gauche. A ne pas négliger non plus la concurrence du FN.

Le FN de retour à l ’Assemblée

Marine Le Pen avait prévenu. «Un député, ce sera un succès. Si on en a deux un triomphe, et dix, une révolution», expliquait-elle avant le premier tour. Finalement, le parti d’extrême droite a réussi à faire entrer des représentants à l'Assemblée (deux ou trois élus, Marion Maréchal-Le Pen, Gilbert Collard mais pas Marine Le Pen, qui a reconnu sa défaite pour une poignée de voix). Après les 35 députés FN de 1986 lors d’un scrutin à la proportionnelle puis l’élection à Toulon de Jean-Marie Le Chevallier en 1997 (invalidée en 1998), le FN réussit donc un retour en force dans l’Assemblée. Il s’agit en effet de son meilleur résultat lors d’élections législatives au scrutin uninominal à deux tours.

L’abstention, premier parti de France

Les électeurs sont lassés de la politique. Depuis le 22 avril où l’abstention n’était que de 20,52 % (19,65%, le 6 mai), les Français ont fui les urnes. Dimanche, l’abstention a grimpé à 44,4% selon les estimations de CSA, près de deux points de plus que dimanche dernier. Après des mois de campagne (presqu’un an depuis l’affaire DSK), les électeurs sont fatigués et il semble de plus en plus urgent de réfléchir à un nouveau calendrier électoral qui redonnent du poids et de l’importance aux législatives.