Modernisation de l'Assemblée nationale: Peut encore mieux faire

LEGISLATIVES Candidats et députés donnent leur avis...

Anne-Laëtitia Béraud

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Une vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
Une vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Améliorer le fonctionnement de l’Assemblée nationale, dont les élus vont siéger après le 17 juin? Beaucoup en rêvent, qu’ils soient députés ou aspirants parlementaires. Si de grands changements sont intervenus depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 et la révision du règlement des assemblées intervenue en 2009, plusieurs chantiers pourraient être encore ouverts.

Pas besoin de siéger sur les bancs de l’Assemblée nationale pour avoir des idées bien précises sur le sujet. Pour Jérémy Collot, candidat du Parti pirate dans la 6e circonscription de Haute-Garonne, il faut «plus de transparence». Issu du mouvement des Indignés, le jeune homme souhaite mieux utiliser Internet pour se rendre compte des votes et du travail effectif des députés. Autre idée, l’obligation d’une présence continue des députés tout au long du processus législatif, car «ce n’est pas normal de voir l’hémicycle vide pendant l’adoption des lois», déplore le candidat, qui souhaite également mettre fin aux lois adoptées sous le coup de l’émotion, comme par exemple à la suite d’un fait divers.

Transparence et moyens accrus

De son expérience au Palais Bourbon, le député de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan tire plusieurs conclusions. Le souverainiste veut absolument revenir sur le mode d’adoption des directives européennes par la loi française. «Il n’y a pas de débat sur cette primauté du droit communautaire, ce n’est pas normal», déclare celui qui pourfend les traités européens.

Un autre point d’amélioration concernerait, selon lui, les moyens –en hommes et en ressources- des commissions d’enquête de l’Assemblée nationale. «Ils devraient être accrus. Voyez en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, où sont recrutés de vrais enquêteurs. Par exemple, un prof d’économie peut être recruté pendant une année entière sur une thématique précise. Avec des moyens supplémentaires, notamment intellectuels, notre travail de surveillance de l’exercice du gouvernement serait amélioré», ajoute le président du mouvement Debout la République, qui aspire par ailleurs à l’introduction du scrutin à la proportionnelle «afin d’éviter le bipartisme».

Introduire «une dose sensible de proportionnelle» est aussi l’un des chevaux de bataille de Noël Mamère, député EELV de la Gironde, qui estime que cela «représenterait la diversité de la société française». Le maire de Bègles estime en outre indispensable la modification des dates de l’élection présidentielle et des législatives, afin qu’elles soient concomitantes. «Cela éviterait notamment le désintérêt des Français envers ces élections législatives!» lance le député.

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