Législatives: Danièle Hoffman-Rispal, la sacrifiée ressucitée

POLITIQUE Elle mène campagne avec Cécile Duflot dans la 6e circonscription de Paris...

Matthieu Goar

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Danielle Hoffman-Rispal le 5 juin 2012 à Paris.
Danielle Hoffman-Rispal le 5 juin 2012 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Danièle Hoffman-Rispal avait d’abord vu rouge, tempêté contre Solférino, puis promis de rentrer en résistance. Aujourd’hui, elle tracte dans toute la 6e circonscription de Paris avec la parachutée Cécile Duflot. Sans rechigner. «Si Hollande avait gagné avec 54 % ou même 55 % au second tour, mon attitude aurait peut-être été différente. Mais l’essentiel maintenant est d’apporter une majorité au président de la République», explique la députée sortante, aujourd’hui suppléante de l’écologiste à la recherche d’un fief (en 2007, elle avait récolté 3,55 % des voix dans le Val-de-Marne).

Pendant des mois, la socialiste parisienne a pourtant refusé les coups de fils de Duflot, propulsée dès l’automne 2011 sur sa circonscription grâce à l’accord électoral entre les deux partis. Militante depuis trente-huit ans dans la même section et députée depuis 2002 après avoir gravi tous les échelons de son parti, Hoffman-Rispal est sacrifiée sur l’autel de la politique politicienne. La Fédération de Paris la soutient. En colère contre ses parachutages dans sa ville, Bertrand Delanoë claque la porte d’un bureau national devant Martine Aubry. Et puis, au lendemain du 6 mai, «le plus beau jour de ma vie», Hoffman-Rispal analyse la situation et estime la victoire trop étriquée pour partir à l’aventure. Et se décrit trop accrochée au PS pour devenir dissidente.

«Un rabibochage de façade»

«Me faire exclure du parti, ne plus voir les camarades, ne plus participer aux réunions, je pense que cela aurait été trop du », confie-t-elle. Alors elle accepte enfin de décrocher à un coup de fil de Duflot et la voit le samedi suivant le second tour. «Nous avons parlé de tout pendant deux heures. Elle m’a écouté lui décrire les enjeux de la circonscription. C’est une femme intelligente qui comprend vite», se souvient Hoffman-Rispal, qui en profite pour mettre au clair certaines positions avec la dirigeante des Verts, notamment au sujet d’Israël, où elle se sent en désaccord avec le parti écologiste. La hache de guerre est enterrée, l’ex-comptable accepte le poste de suppléante sans savoir, promet-elle, que Duflot serait nommée au gouvernement.

«Un rabibochage de façade après une guerre médiatique», raille le candidat UMP Jack-Yves Bohbot. Dans cette circonscription qui a voté à 43,03 % pour Hollande dès le premier tour, le tandem sera de toute façon élu. Duflot ministre, Hoffman-Rispal retrouvera alors l’Assemblée. Et si Duflot passait à la trappe à la faveur d’un remaniement. «Je me chercherai un job, je continuerai à militer. Mais elle a déjà commencé à travailler ses dossiers. Il faut laisser un peu de temps au ministre», espère la socialiste. En croisant les doigts.