Législatives: En Haute-Marne, PS et Front de gauche en concurrence malgré le FN

POLITIQUE Le FN, représenté par Paul-Marie Couteaux, a de fortes chances de se qualifier au second tour tandis que la gauche pourrait passer à la trappe...

Maud Pierron, en Haute-Marne

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Daniel Monnier, le candidat du Front de gauche dans la 2e circonscription de la Haute-Marne, tracte devant une usine de Saint-Dizier.
Daniel Monnier, le candidat du Front de gauche dans la 2e circonscription de la Haute-Marne, tracte devant une usine de Saint-Dizier. — 20Minutes

De notre envoyée spéciale

Un duel à hauts risques entre le PS et le Front de gauche. Dans cette circonscription rurale de la Haute-Marne, la deuxième, huit candidats sont en lice dont au total cinq de gauche. une offre pléthorique alors que le risque existe qu’aucun candidat de gauche ne soit représenté au second tour. Comme en 2002 où le FN et l’UMP s’étaient affrontés en duel, comme en 2007 où le candidat UMP, François Cornut-Gentille a été élu au premier tour. Au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen a fait 29% des voix. Alors pendant un temps, Daniel Monnier, du Front de gauche, a pensé à une candidature commune de la gauche, derrière le PS, mais ce  psychomotricien de 53 ans s’est lancé dans la bataille faute d’accord national… pendant qu’une partie des communistes rejoignait la bannière du socialiste Denis Maillot dès le premier tour, avec Virginie Lebrun, militantes PCF en suppléante.

«Les gens qu’on rencontre sont troublés par cette situation, ils ne comprennent rien, d’autant que sur les tracts du socialiste, il y a le logo du Front de gauche et ce n’est pas normal», regrette Denis Monnier. Lui défend sa «stratégie gagnante»: «comme à la présidentielle, chacun fait du mieux possible au premier tour et au second tour, on met les voix en commun. Hollande n’a pas gagné seul». En tractant devant la plus grosse usine de Saint-Dizier, le grand gaillard à la boucle d’oreille dorée reprend: «on a du mal à voir le FG s’effacer alors qu’on a ramené des abstentionnistes et des classes populaires au vote lors de la présidentielle».  «Votez dimanche! Après Mélenchon, c’est moi», dit-il en donnant un tract à un ouvrier. «Mélenchon, c’est un tout bon», répond celui-ci en souriant. «Pour faire campagne, Mélenchon, ça aide», reconnait le grand gaillard, père de quatre enfants, au PG depuis sa création en 2009.

Le jeu du FN ou pas ?

Denis Maillot, le candidat socialiste «ne le connaît pas et n’a rien contre lui». Mais il aurait préféré un candidat unique de la gauche, comme ils l’ont fait aux sénatoriales, aux cantonales et aux régionales. Ce jeudi, le socialiste, maire de Vieville, fait le tour des mairies. Une quinzaine ce jeudi, à raison d’une demi-heure par village. Pour rencontrer les habitants mais plus souvent les seuls maires qui lui ouvrent leurs portes. «Le FN a fait un tel score que le PCF a décidé de me soutenir dès le premier tour», explique-t-il à l’édile de Lavilleneuve-au-roi. Le conseiller général parle sécurité d’abord, notamment via sa suppléante, la communiste Sylvie Brun, brigadière de police. Mais aussi de remettre des services publics et de réorienter les commandes publiques vers la France, pour préserver des emplois. Des thèmes du programme de François Hollande qui ‘parlent’ dans ce territoire rural où Marine Le Pen séduit. «On a pris peur en voyant Le Pen aussi haut. Une gauche divisée, c’est le risque d’une gauche absente au second tour», explique Sophie Brun devant la mairie du village de Sextfontaine. Daniel Monnier, selon elle «fait un peu le jeu du FN».

Ce que le candidat du Front de gauche récuse totalement: «Pourquoi on serait plus responsable que d’autres» de la présence du FN au second tour alors que le PS sur les deux dernières élections n’a pas vraiment brillé. «On nous présente comme des diviseurs mais nous prétendons représenter la diversité de la gauche et avoir la stratégie gagnante», se défend-il. «Le risque est dans l’abstention, pas dans la multiplication des candidats», juge-t-il, en se désolant du peu d’entrain de ses concitoyens pour «l’élection la plus importante, celle des représentants du peuple». Si les deux gauches, celle de «transformation» et celle «d’accompagnement» sont «irréconciliables», en revanche, elles s’accordent sur un adversaire commun: «la droite et l’extrême droite». «Là-dessus, on n’est pas comme l’extrême gauche qui ne dit rien pour le second tour», insiste fermement Daniel Monnier.