Législatives: La mode est au stand-up

TENDANCE Lancés par Montebourg, ces meetings de rue fleurissent...

Matthieu Goar

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Arnaud Montebourg, place du Général-de-Gaulle à Lille, lors des primaires PS le 26 septembre 2011.
Arnaud Montebourg, place du Général-de-Gaulle à Lille, lors des primaires PS le 26 septembre 2011. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

Un retour aux sources de la politique ou une innovation appelée à durer? Sans doute un peu des deux. Partout en France, de nombreux candidats aux législatives s'installent dans la rue, un micro à la main, pour présenter leur programme à des badauds interloqués, parfois intéressés. Nom de code: stand-up... «Claude-Gérard Marcus, député de 1968 à 1997 et qui me soutient, m'a dit que ça lui faisait penser à l'agit-prop des communistes dans les années 1960», sourit Benjamin Lancar, candidat UMP, dans la 5e circonscription de Paris, qui s'y est mis à raison de trois «meetings de rue» par semaine. Impossible également de ne pas penser à Jean-Paul Sartre haranguant les ouvriers de Boulogne-Billancourt sur son tonneau en 1970. «L'idée est d'aller à la rencontre de personnes qui ne vont pas dans les meetings. Il faut que le personnel politique se réapproprie l'espace », résume Clément Lazarus, de l'équipe de Capucine Edou, candidate PS à Paris, qui multiplie les stand-up.

Même si certains jeunes loups de la droite s'y sont mis depuis, l'irruption des stand-up est venue de la gauche. Notamment lors de la campagne des primaires d'Arnaud Montebourg en 2011. «Nous étions au Festival d'Avignon, il avait rendez-vous avec des élus. En remarquant des personnes qui faisaient la queue avant un spectacle, il nous a dit : “Mais c'est plutôt à ces gens-là que je veux parler”», explique Clément Lazarus à l'époque dans le staff du socialiste. L'idée du stand-up germe dans la petite équipe.

Des badauds lui jettent des pièces

Quelques jours, plus tard, à Carhaix (Finistère), Montebourg inaugure avec une sono portative son premier stand-up en deux temps: exposé de ses idées, puis échanges avec les badauds pendant que ses militants tractent. Dans les villages déserts ou sur les Champs-Elysées, il n'arrêtera plus d'en faire jusqu'au premier tour des primaires. Parfois, des badauds lui jettent des pièces. Anecdotique, selon lui, «car la plupart du temps, les échanges sont d'une grande qualité», résume Clément Lazarus. En marge de ces stand-up, d'autres idées naissent. Ainsi, de nombreux jeunes espèrent organiser des débats entre candidats de différents partis dans la rue. Et pousser ainsi les générations plus anciennes et notamment les députés sortants à descendre prendre le micro.