A La Rochelle, une bataille fratricide pas jouée d'avance attend Ségolène Royal

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Ségolène Royal, présidente PS de la région Poitou-Charentes, joue gros à La Rochelle car, pour prétendre au perchoir de l'Assemblée nationale grâce à cette circonscription, elle devra battre un ex-socialiste du cru lui menant une guerre féroce avec la bienveillance de la droite.
Ségolène Royal, présidente PS de la région Poitou-Charentes, joue gros à La Rochelle car, pour prétendre au perchoir de l'Assemblée nationale grâce à cette circonscription, elle devra battre un ex-socialiste du cru lui menant une guerre féroce avec la bienveillance de la droite. — Alexander Klein afp.com

Ségolène Royal, présidente PS de la région Poitou-Charentes, joue gros à La Rochelle car, pour prétendre au perchoir de l'Assemblée nationale grâce à cette circonscription, elle devra battre un ex-socialiste du cru lui menant une guerre féroce avec la bienveillance de la droite.

Olivier Falorni, professeur de 40 ans, patron du PS de Charente-Maritime avant d'en être exclu pour cette affaire, n'a jamais digéré la manière dont Mme Royal, soutenue par l'actuel député-maire de la Rochelle Maxime Bono, est arrivée dans la 1ère circonscription, qui comprend aussi l'île de Ré. «Le vice originel, c'est ce coup de force anti-démocratique où on a interdit aux militants de s'exprimer», explique-t-il à l'AFP.

Une candidate désignée sans primaire

Fin novembre, le PS a désigné Ségolène Royal sans primaire locale, assumant «un choix politique» en faveur d'une candidate «essentielle pour notre parti». «Je conviens que c'est une procédure inhabituelle, mais ma situation, de par mes combats, n'est-elle pas aussi hors du commun? Je mérite un minimum de respect, non?» avait expliqué à La Charente Libre l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 et aux primaires pour 2012.

La candidate de l'UMP Sally Chadjaa, 34 ans, élue régionale et municipale à La Rochelle, attachée parlementaire depuis 2004 du député des Deux-Sèvres Jean-Marie Morisset, rêve que cette «configuration gauche-gauche» lui soit profitable, dans une circonscription où l'on a voté à 55,59% pour François Hollande le 6 mai. Mais elle doit compter à droite notamment avec l'avocat François Drageon, proche de Jean-Louis Borloo, qui dénonce «les coups bas» entre l'une «qui ne s'intéresse qu'au perchoir» et l'autre qui joue «le petit garçon vexé».

Improbable triangulaire

Avec 14 candidats au total, une triangulaire au second tour sera difficile à obtenir pour la droite, un candidat arrivé en troisième position au 1er tour devant totaliser 12,5% des électeurs pour avoir le droit de se maintenir. Un duel Royal-Falorni paraît le plus probable le 17 juin.

«Tout le monde dit qu'il n'y a que deux députés possibles, elle ou moi», résume Olivier Falorni, pour qui les électeurs ont le choix entre «deux labels»: «ancré sur le territoire» ou «vue à la télé». Or, si la notoriété de Ségolène Royal est éclatante, Olivier Falorni pourrait bénéficier face à elle du soutien de la droite. C'est le sens apparent du tweet émis par le président UMP du Conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, dès l'annonce de candidature d'Olivier Falorni: «Olivier Falorni à La Rochelle: un élu et un responsable politique courageux».

 

 

Malicieux, Olivier Falorni rappelle que le radical de gauche Michel Crépeau, sa «référence» en politique, a été élu maire de La Rochelle pendant près de 30 ans grâce «à des Rochelais de droite et de gauche».

Les deux candidats en sont actuellement à s'envoyer des lettres d'avocats, le PS reprochant à Olivier Falorni une photo de son tract le montrant en compagnie de François Hollande. La candidate «panique», estime le clan du dissident, ironisant sur la visite de soutien à Ségolène Royal du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, annoncée pour la semaine prochaine.