Législatives: Martine Aubry appelle au désistement républicain en cas de triangulaire avec le FN

POLITIQUE Lors d'un déplacement de campagne...

Matthieu Goar

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Martine Aubry, lors de ses voeux, le 10 janvier 2011, au siège du PS.
Martine Aubry, lors de ses voeux, le 10 janvier 2011, au siège du PS. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Un certain flou s’était installé autour de la position du PS en cas de triangulaire FN-UMP-PS. Mardi, Martine Aubry avait laissé entendre que les candidats PS se maintiendraient, y compris s'ils arrivaient en 3e place. Laurent Fabius avait affirmé le contraire. «La dépêche AFP n’a rapporté que la moitié de ce que j’ai dit», a expliqué la Première secrétaire, en visite sur un marché des Hauts-de-Seine, ce mercredi matin.

Aubry a ensuite mis les choses au clair. «Aujourd’hui, sur le papier, il n’y a pas de candidat du Front national qui puisse être élu, même en cas de triangulaire… Si une telle hypothèse arrivait, nous appellerions à voter pour le candidat d’un parti républicain. Nous avons toujours fait le désistement républicain, nous continuerons», a-t-elle développé.

Attendre le soir du premier tour

La patronne du PS souhaite en fait attendre le soir du premier tour pour décider de l’attitude à suivre en fonction des circonscriptions. «Nous regarderons (à ce moment-là) circonscription par circonscription. Là où il y aura un risque que le Front national soit élu, nous appliquerons le désistement républicain. Là où il n’y a pas de risque, nous maintiendrons notre candidat. C’est une règle simple… » a conclu la Première secrétaire.

Aubry est-elle trop optimiste en déclarant qu’il n’y a pas de «candidat du Front national qui puisse être élu»? A la lecture des résultats électoraux du premier tour de la présidentielle, la réponse est oui. Marine Le Pen est ainsi arrivée en tête ou en 2e position dans 116 circonscriptions. Même si la participation est en baisse, il y a un réel risque.

Et le PS, qui arrive en 3e position dans 12 des 23 circonscriptions où le FN est en tête, aura sans doute à se désister. La question est où? Car dans chacune des circonscriptions «à risque», situées dans le Sud-Est et le Nord-Est, Hollande y a fait plus de 20% et n’est devancé que de 1 à 4 points par le candidat de l’UMP. Secrètement, Martine Aubry espère ainsi qu’une dynamique au premier tour des législatives permettrait encore de devancer le candidat UMP dans ces circonscriptions, particulièrement en Moselle, dans la Meuse, dans l’Aisne. Dans le Gard, l’Hérault ou les Bouches-du-Rhône, l’UMP semble davantage puissant. D’où l’intérêt de se déclarer seulement au soir du premier tour.