Hulot défend un «débat digne de ce nom» sur l'énergie après une campagne «indigente»

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Après une campagne présidentielle "indigente" pour l'environnement, Nicolas Hulot, de retour dans un rôle de "contributeur" avec sa Fondation, a plaidé mardi pour un "débat public digne de ce nom" sur les choix énergétiques allant au-delà de la seule question du nucléaire.
Après une campagne présidentielle "indigente" pour l'environnement, Nicolas Hulot, de retour dans un rôle de "contributeur" avec sa Fondation, a plaidé mardi pour un "débat public digne de ce nom" sur les choix énergétiques allant au-delà de la seule question du nucléaire. — Kenzo Tribouillard afp.com

Après une campagne présidentielle «indigente» pour l'environnement, Nicolas Hulot, de retour dans un rôle de «contributeur» avec sa Fondation, a plaidé ce mardi pour un «débat public digne de ce nom» sur les choix énergétiques allant au-delà de la seule question du nucléaire. «C'est une campagne pour rien! Sur des sujets aussi déterminants, je n'avais pas imaginé que la campagne serait aussi indigente», soupire l'ex-présentateur d'Ushuaïa dans un entretien à l'AFP.

«Cette campagne a fait abstraction absolue des enjeux du long terme et des crises écologique et climatique», regrette-t-il, faisant référence aux propositions des candidats mais aussi aux médias. «Cinq ans après le Pacte écologique et le Grenelle de l'environnement, il n'était pas envisageable pour moi qu'il y ait une telle absence de propositions et de vision», ajoute celui qui, battu par Eva Joly dans la primaire écologiste au début de la campagne, a repris en novembre la tête de sa Fondation.

Inquiet des premiers «signaux»

Et de fustiger l'absence de sujets comme les «terres rares», pourtant au coeur de tensions intenses entre la Chine, principal pourvoyeur de ces minerais indispensables à l'industrie, et les Etats-Unis, l'Europe et le Japon. Pas question pour autant de critiquer a priori le nouveau gouvernement ou la nouvelle ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Nicole Bricq. «Je ne fais pas de procès d'intention car je ne connais pas les intentions, aucune ligne directrice n'a encore été définie» sur l'environnement, souligne Nicolas Hulot, néanmoins inquiet des premiers «signaux».

«On passe d'un ministère d'Etat qui a été numéro 2 du gouvernement (entre 2007 et 2010) à un ministère redescendu à la 9e place. C'est un signal que ce n'est pas un déterminant majeur de l'action publique à venir», remarque-t-il. Le retour de l'énergie dans le périmètre de l'écologie est toutefois «cohérent», reconnaît-il.

Absence de réponses sur les sujets «structurants»

Son inquiétude se porte sur l'absence de réponses sur les sujets «structurants» que sont, à ses yeux, le «financement de la transition énergétique, écologique et sociale», la mise à contribution du secteur financier ou «l'adaptation de notre modèle démocratique» avec l'instauration d'une assemblée supplémentaire qui n'aurait que «le long terme comme grille de lecture». Avec les experts de sa Fondation, il entend continuer à porter des «propositions», non pas «pour traiter les effets des crises mais leurs racines».

Et de plaider notamment pour un «débat digne de ce nom» sur les choix énergétiques, débat promis pendant la campagne par François Hollande. «On a réduit les débats sur l'énergie à pour ou contre le nucléaire alors que c'est beaucoup plus complexe. Il faut que les citoyens comprennent bien les enjeux, et à la fin on verra s'il faut ou non soumettre ces choix à un referendum», explique-t-il, défendant un débat d'un an minimum. Sur le nucléaire, il estime, à titre personnel, que «l'objectif de sortie du nucléaire doit rester» tout en restant «très prudent» sur les modalités.

De retour dans ce rôle de «contributeur» qu'il affectionne, il souligne que «la politique, au sens partisan du terme, pour l'instant c'est fini». «Si je suis revenu à ma fondation, ce n'est pas juste pour y faire un passage», ajoute-t-il, affirmant être désormais «dans le comment, comment on agit face à ces crises, et plus dans le pourquoi». «On est dans le temps de l'organisation collective. Les gens ont bien conscience que n'est pas simplement en remplaçant ses ampoules par des ampoules à basse consommation qu'on y arrivera, c'est un nouveau modèle à inventer.»