Législatives: A Paris, François Fillon retrouve le goût de la campagne

COME BACK Pour son premier déplacement public post-Matignon, il a choisi de soutenir Benjamin Lancar dans une circonscription difficile...

Alexandre Sulzer

— 

François Fillon et Benjamin Lancar en campagne à Paris le 23 mai 2012
François Fillon et Benjamin Lancar en campagne à Paris le 23 mai 2012 — Alexandre GELEBART/20 minutes

Se faire une série de boutiques dans le Marais puis enchaîner dans un restaurant italien branché à proximité du canal Saint-Martin. Le programme d’un bobo parisien? Non, celui de François Fillon, venu mardi dans la5e circonscription de Paris soutenir le candidat UMP Benjamin Lancar. Dans cette zone, qui recouvre les 3e et 10e arrondissements, acquise à la gauche, la première sortie publique de François Fillon depuis qu’il a quitté Matignon a un furieux air de campagne municipale. Car le choix de ce terrain difficile pour la droite, à l’instar de l’ensemble de la capitale, loin de la facile 2e circonscription où l’ancien Premier ministre se présente, a tout du symbole : le provincial François Fillon, dont les ambitions à la Mairie de Paris sont connues, n’entend pas se cantonner à un rôle de simple député dans les mois qui viennent. D’ailleurs, Benjamin Lancar ne s’y trompe pas. «Il faut un homme d’Etat pour partir à la reconquête de Paris», lâche-t-il sur le trottoir, en attendant l’homme d’Etat en question.

«Je vais me déployer en province»

Le voilà qui arrive, à pied. «Je pensais qu’il y aurait moins de journalistes», s’amuse-t-il. Quelle est son ambition pour Paris? «De faire en sorte qu’il y ait le maximum de députés élus», répond-il modestement, sans commenter les passes d’armes entre son ennemie Rachida Dati et Bernard Debré. «Je vais me déployer en province pour soutenir nos valeurs, il faut empêcher la mise en œuvre du programme socialiste», complète celui qui entend bien s’imposer comme le chef naturel de l’opposition au niveau national. Vendredi, François Fillon fera campagne dans l’Hérault, mardi dans le Val-de-Marne puis ira les jours suivants dans le Rhône et en Saône-et-Loire.

«Vous connaissez monsieur Lancar?»

Pour l’heure, François Fillon enchaîne les boutiques de la rue de Turenne, y sert rapidement les mains des commerçants. «Vous connaissez monsieur Lancar?», demande-t-il à une vendeuse. «Non.» «Le voici», annonce-t-il sans conviction. Le jeune candidat s’est fixé un objectif modeste: «faire un meilleur score qu’à la présidentielle». Au second tour, Nicolas Sarkozy n’a remporté que 33% des suffrages dans la circonscription. Moins d’un quart d’heure plus tard, François Fillon s’engouffre dans une Peugeot 508. Direction le 10e arrondissement pour un café politique au sous-sol d’un restaurant. Devant quelques dizaines de militants UMP, il critique le gouvernement socialiste, la hausse des charges. Parle croissance et représentativité syndicale. Une militante ose: «Vous vous présenterez en 2017?» «On est en 2012, répond-il. Après, on s’occupera de 2013, après de 2014…» 2014, l’année des municipales.