Gouvernement: Marisol Touraine, une bosseuse efficace et discrète en charge des Affaires sociales et de la Santé

PORTRAIT La députée d'Indre-et-Loire a eu un rôle fondamental pendant la campagne...

Matthieu Goar

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Marisol Touraine, dans les locaux de 20 Minutes, le 29 février 2012.
Marisol Touraine, dans les locaux de 20 Minutes, le 29 février 2012. — 20Minutes

Une bosseuse discrète récompensée. En héritant du pole affaires sociales du gouvernement, la socialiste Marisol Touraine devient une des personnalités les plus importantes du gouvernement. En l’absence de Martine Aubry, elle est d’ailleurs l'une des femmes les plus importantes de l’équipe qui entoure Hollande. De quoi lui faire plaisir. «Il faut des femmes aux postes qui comptent parmi les postes ministériels importants, ainsi qu’à l’Assemblée nationale d’ailleurs», avait-elle récemment déclaré à l’AFP avant de se faire beaucoup plus silencieuse en attendant l’annonce du gouvernement.

Mais ce n’est pas vraiment pour assurer la parité que Hollande et Ayrault ont choisi Touraine. Depuis des années au sein du PS, en tant que secrétaire nationale à la Solidarité et la Protection sociale ou à l’Assemblée où elle est membre de la commission des affaires sociales, elle est peu à peu devenue une experte de ces sujets après s’être un moment intéressée aux questions de défense. En s’engageant dès le début de la campagne des primaires derrière François Hollande, elle a obtenu très vite un rôle important dans l’équipe en dirigeant logiquement le pole «Social, Santé, Handicap, Personnes âgées». «C’est un vrai bonheur de travailler avec François Hollande. Il est à la fois à l’écoute et attend beaucoup de notre travail», confiait-elle à 20 Minutes au début de la campagne.

La confiance du candidat devenu Président

On la voit peu dans les médias. Elle bosse, souvent dans l’ombre mais toujours présente. C’est par exemple avec elle que François Hollande reçoit les principaux syndicats pour écouter leur doléance en début de campagne. C’est également à elle que le candidat socialiste demande de réfléchir à une réforme du quotient familial. Elle penche pour une amélioration du système existant plutôt que pour l’idée d’une remise à plat avec la création d’un crédit d’impôt imaginée par Michel Sapin. Au lendemain d’une fuite dans la presse, le candidat tranche pour son idée. Elle a sa confiance. Et sait monter au créneau quand il le faut. Par exemple à la veille du sommet social de Nicolas Sarkozy en janvier. «Sur la forme, ce sommet est choquant. Comment peut-il prétendre engager des réformes aussi fondamentales alors que des élections très importantes doivent avoir lieu dans quelques semaines. La plupart des mesures ne pourront même pas être mises en œuvre», expliquait-elle à 20 Minutes.

Elue locale en Indre-et-Loire, elle se représente aux prochaines législatives dans une circonscription qu’elle avait perdue en 2002 avant de la reconquérir de justesse face au candidat UMP, Jean-Jacques Descamps. Elle a d’ailleurs commencé sa campagne mais devra très vite se mettre au travail dans son ministère où quelques dossiers importants l’attendent. Par exemple, la question de l’euthanasie qui agite la société, notamment les catholiques intégristes farouchement opposés à une légalisation. Hollande n’a pas tranché à ce sujet même s’il a parlé d’une amélioration des soins palliatifs et s’est avancé prudemment vers un «encadrement». «Il faudra une procédure: quand une personne demande, parce qu’elle n’en peut plus, quand sa famille appuie cette demande, qu’elle est réitérée, que quatre médecins se sont eux-mêmes prononcés, alors il sera possible d’en terminer avec cette souffrance.» Mais il n’a jamais parlé de loi, plutôt «d’encadrer cette mort dans la dignité», avait-il expliqué.