Gouvernement: Manuel Valls, l'homme de l'Intérieur

PORTRAIT L'homme fort de la campagne atterrit Place Beauvau...

Matthieu Goar

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Manuel Valls, en septembre 2011.
Manuel Valls, en septembre 2011. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Sa cote est tellement montée que certains le voyaient même comme un potentiel Premier ministre. Omniprésent pendant la campagne, à la fois dans les médias et aux côtés du candidat socialiste, le député-maire d’Evry (Essonne) a eu un œil sur tout. Il sera récompensé, sans doute en devenant ministre de l’Intérieur, où il mettra en application sa vision de la sécurité, dont il est l’un des grands spécialistes au PS. «Il a aussi le profil idéal d’un Premier ministre de deuxième partie de quinquennat», prédit déjà un dirigeant socialiste.

Surnommé «Kommandantur» au PS

L’ascension de ce fils d’immigré catalan est fulgurante. Marginalisé au sein du PS pour ses idées (contre les 35 heures, pour une TVA sociale), Valls n’a récolté que 5,63% des suffrages lors des primaires. Mais il a rallié François Hollande dès le soir du premier tour. Ce dernier, sans le connaître intimement, lui a alors confié un des postes-clés de sa campagne: la direction de la communication, le premier poste de dépense. Un poste stratégique où le sens de l’organisation de Valls fera des merveilles, malgré quelques tensions au début de la campagne avec les plus anciens proches de Hollande. L’homme ne ménage pas les susceptibilités. Certains le surnomment alors «Kommandantur» et l’accusent de briser la spontanéité du candidat.

Il a professionnalisé la campagne

L’homme est énergique, hyperactif, sportif (il pratique notamment la boxe et le footing) et est devenu au fur et à mesure des semaines, le réel directeur de camapagne, au détriment de Pierre Moscovici. A la fin de la campagne, de nombreux socialistes reconnaissent d’ailleurs que son rôle a été crucial, car il a su professionnaliser la campagne de Hollande, démarrée il y a deux ans de façon plutôt artisanale. Il n’a pas non plus hésité à monter au front dans les médias, notamment en participant à un débat face à François Bayrou ou en renvoyant Claude Guéant dans ses cordes.

«Ce sont des propos nauséabonds mais qui sont à l'image de la campagne de Nicolas Sarkozy», avait déclaré Valls lorsque Guéant avait évoqué le fait que le droit de vote aux étrangers imposerait la nourriture halal dans les cantines. Proche de Dominique Strauss-Kahn, le maire d’Evry a commis la seule faute de la campagne en ne quittant pas l’anniversaire de Julien Dray où était présent l’ancien directeur du FMI. Un fait dont Hollande ne lui a pas tenu rigueur.