François Hollande en Allemagne: Quels sont les enjeux de cette visite?

POLITIQUE Quels sont les enjeux du premier déplacement officiel du nouveau Président?...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Hollande au balcon de son QG à Paris, le 7 mai 2012.
François Hollande au balcon de son QG à Paris, le 7 mai 2012. — CONTRE JOUR / SIPA

Journée chargée pour François Hollande ce mardi. Le même jour, le nouveau Président va prendre ses fonctions, nommer son gouvernement et réaliser son premier voyage officiel en Allemagne, à la rencontre de la chancelière Angela Merkel.

Accompagné de son conseiller diplomatique Paul Jean-Ortiz, François Hollande se rend outre-Rhin pour un dîner de travail franco-allemand. L’enjeu de ce voyage est de trouver des outils pour résoudre la crise de l’euro et s’engager sur le chemin de la croissance avant la tenue d’un Conseil européen informel, le 23 mai prochain.

Convaincre Merkel

La tâche s’annonce ardue, alors que l’Union européenne est secouée par la crise. Quand la chancelière allemande refuse de voir le traité de discipline budgétaire renégocié, le Président français plaide, lui, pour l’introduction de mesures favorisant la croissance dans cet accord.

L'opposition entre les dirigeants est-elle irrémédiable? Benoît Hamon, porte-parole du PS, dimanche soir sur France 3, lance ainsi: «Nous voulons renégocier ce traité européen pour qu'il y ait relance de l'économie par la croissance. Il faut en finir avec l’austérité, c’est ce que nous dirons à Angela Merkel.». 

Quant à Bruno Le Roux, l'ancien porte-parole de campagne de François Hollande, il nuance: «Angela Merkel sait que quelque chose a changé avec l’élection de François Hollande. Depuis quelques jours, elle a l’attitude de quelqu’un qui sait qu’elle va devoir discuter. Surtout qu’elle est aussi contestée à l’intérieur de son pays où un mouvement contre l’austérité se dessine.»

Des positions antinomiques?

L’intransigeance de la chancelière est en effet mise à rude épreuve. D’un côté, plusieurs voix européennes clament –dont celle de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne– la nécessité de relancer croissance, et de l’autre, son parti, la CDU, vient de subir dimanche une sérieuse défaite dans des élections en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Un Land qui constituait un véritable laboratoire en matière d’application de l’austérité budgétaire pour la CDU.

Si les positions françaises et allemandes sont contraires, elles ne sont toutefois pas forcément antinomiques. François Hollande n’est pas contre une meilleure discipline budgétaire, alors que les Allemands commencent à penser à l’opportunité de relancer l’économie. Face à la crise européenne, nécessité pourrait faire loi pour les deux dirigeants européens.

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