Présidentielle: François Hollande fait de l'«anti-Sarkozy»

POLITIQUE Celui qui a promis d’être «un président normal» prend donc l'exact contre-pied de son (presque) prédécesseur...

Maud Pierron

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François Hollande, le 10 mai 2012 au Jardin du Luxembourg, pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage.
François Hollande, le 10 mai 2012 au Jardin du Luxembourg, pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage. — AFP

François Hollande travaille à son QG. Beaucoup. Il y passe la journée, les journalistes qui font le pied de grue devant le 59 avenue de Ségur à Paris, depuis lundi, peuvent en témoigner. Mais François Hollande va aussi au musée. Au Grand Palais mercredi soir voir l’exposition Monumenta de Buren. Jeudi soir, il a trouvé du temps, entre deux entrevues consacrées à la crise européenne, pour aller à la bibliothèque François Mitterrand. Et mardi soir, il s’est rendu, comme un père de famille normal, chez son fils pour dîner. Le midi, après avoir commémoré le 8 mai avec Nicolas Sarkozy, c’est avec sa compagne qu’il déjeune dans un restaurant. Sinon, le plus souvent, son équipe fait monter des plateaux repas pour ne pas perdre de temps.

Bref, pour sa première semaine, François Hollande fait de l’anti-Sarkozy époque 2007. Celle où le «président sortant» a accumulé les erreurs: le dîner au Fouquet’s, les vacances bling-bling sur le yacht de Bolloré, Ray-Ban sur le nez, à Malte. Des erreurs avant tout symboliques mais qui ont plombé le quinquennat de Nicolas Sarkozy et sa campagne en 2012. «La force des symboles compte dans cette période où je ne peux pas agir mais où je suis élu par les Français», reconnaissait le socialiste devant quelques journalistes en marge de l’exposition Monumenta.

L’UMP s’agace

En choisissant, parmi ses toutes premières visites, de déambuler au Grand Palais, François Hollande marque donc son attachement à la culture. A la bibliothèque François Mitterrand, il fait d’une pierre deux coups: il rend certes hommage au socialiste, mais au socialiste défenseur de la culture. A chaque fois, il multiplie les bains de foule malgré un protocole qui va en s’alourdissant. Ce vendredi, il est en Corrèze pour faire ses adieux au Conseil général. «Je voulais être dans une vie compréhensible pour les Français: être Président et en même temps rester ce que je voulais être et annoncé ce que j’allais être», a-t-il expliqué mercredi soir.

C’est-à-dire un «président normal». Quitte à en faire un peu trop dans l’affichage. L’UMP, d’ailleurs, commence à s’agacer. «Ce numéro de fausse simplicité est sans doute touchant mais j’espère que très vite, on va crever cette bulle», a taclé Jean-François Copé, jeudi soir, sur le plateau du Grand Journal de Canal +. Il faudra surtout que François Hollande trouve la bonne mesure entre la normalité et la distance nécessaire à la fonction de président de la République.