Législatives: Bayrou estime que la France ne pourra se «redresser» en cas de cohabitation

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Le président du MoDem, François Bayrou, a estimé jeudi qu'il n'y avait "aucune chance" que la France "puisse se redresser" si les prochaines législatives aboutissent à "une cohabitation de blocage", et appelé François Hollande à reprendre "en profondeur" son programme économique.
Le président du MoDem, François Bayrou, a estimé jeudi qu'il n'y avait "aucune chance" que la France "puisse se redresser" si les prochaines législatives aboutissent à "une cohabitation de blocage", et appelé François Hollande à reprendre "en profondeur" son programme économique. — Francois Guillot afp.com

Le président du MoDem, François Bayrou, a estimé ce jeudi qu'il n'y avait «aucune chance» que la France «puisse se redresser» si les prochaines législatives aboutissent à «une cohabitation de blocage», et appelé François Hollande à reprendre «en profondeur» son programme économique. François Hollande «a un atout, il n'est pas ressenti comme un homme d'affrontement et je crois que c'est authentique. Il est nouveau, il a un certain crédit dans l'appareil d'Etat, et surtout il a obtenu le soutien des catégories populaires», a déclaré lors d'une conférence de presse François Bayrou.

Mais selon le leader centriste, le programme économique du président élu «devra être entièrement repris ou en tout cas en profondeur, à la mesure de la crise» et «ce sera un rude exercice de vérité d'abord dans sa majorité». «S'il trouve en face de lui une opposition agressive et systématique (...), a fortiori une cohabitation de blocage, il n'existe aucune chance que le pays puisse se redresser», a-t-il avancé. François Bayrou, qui a obtenu 9,1% au 1er tour de la présidentielle, s'est dit «persuadé que les Français ne veulent pas d'une opposition frontale et systématique pour la période qui s'ouvre».

La crise à venir «la plus rude que notre pays aura à traverser depuis la guerre»

Il s'est montré particulièrement pessimiste, jugeant que la crise à venir serait «la plus rude que notre pays aura à traverser depuis la guerre» car elle «risque de menacer d'abord notre modèle social et de services publics». Pour le nouveau président socialiste, «il n'y aura pas de répit». «Peut-être un court état de grâce politique, mais il n'y aura sûrement pas d'état de grâce économique et social», a affirmé François Bayrou, avant de plaider sa cause.

D'après lui, «il faut au Parlement un courant politique nouveau (...) qui dise non à la participation complaisante, non à l'opposition de principe et oui à l'esprit de responsabilité et d'unité nationale». «Il faut un courant politique qui ne cherche pas l'échec des gouvernants mais le succès de la France dans les immenses difficultés qu'elle va rencontrer. Des gens qui ne se laissent pas (...) influencer par les intérêts partisans. Et cette force ne peut être qu'au centre», a-t-il argué.