Valérie Trierweiler: Quel est le rôle de la compagne de François Hollande?

POLITIQUE Entre l'affaire Pierre Salviac et Julien Dray, la compagne du chef de l'Etat est déjà au centre de toutes les attentions...

Matthieu Goar

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François Hollande et Valérie Trierweiler quittent Tulle pour rejoindre Paris le 6 mai 2012.
François Hollande et Valérie Trierweiler quittent Tulle pour rejoindre Paris le 6 mai 2012. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

A peine quatre jours se sont écoulés depuis le second tour de la présidentielle et la compagne Valérie Trierweiler est déjà au centre de tous les fantasmes. Parodies de unes, tweets assassins et sexistes (Pierre Salviac viré), articles sur son influence sur le nouveau président, les médias et les militants s’enflamment. «La campagne a déjà été d’une violence inouïe à son égard avec des attaques directes sur sa personne. Comme c’est quelqu'un de discret, que les Français ne connaissent pas vraiment. Et elle s’attendait à ce que sa discrétion aiguise la curiosité. Cela s’amplifie depuis quatre jours», confie une de ses collaboratrices. Le statut de Valérie Trierweiler a changé, les attaques à son égard aussi. Comme Cécilia Sarkozy en avait fait l’expérience, il y a cinq ans.

Et le moindre de ses gestes fait maintenant l’objet d’un écho politique. Par exemple lorsqu’elle éconduit Julien Dray, un proche de l’ex-couple Royal-Hollande, d’un pot de fin de campagne. Un détail révélée par Le Parisien. En fait, Trierweiler n’aurait pas forcément viré formellement Dray mais lui aurait signifié «franchement» qu’il avait commis une faute en invitant DSK lors de sa soirée d’anniversaire. Une simple discussion et l’affaire prend tout de suite une autre dimension. Comme toutes les compagnes, Trierweiler est maintenant un objet politique. 

Une influence réelle mais aussi fantasmée

«Franche», «discrète», «importante», «fine analyste de la politique», mais aussi «interventionniste» sont les termes qui sont revenus le plus au sujet de Valérie Trierweiler pendant la campagne. La journaliste a sa part d'influence sur Hollande, comme Cécilia Sarkozy en avait une sur Nicolas Sarkozy. En 2009, elle lance à François Hollande qui réfléchit à sa candidature: «Soit tu penses que tu es le meilleur et tu y vas. Soit tu penses qu’un autre est meilleur que toi et tu n’y vas pas.» Une phrase qui a le mérite d’être claire. Depuis la fin des primaires socialistes, elle a été très présente dans les coulisses des meetings, attentive à ce que le petit monde médiatique racontait. Elle n’hésite toujours pas à envoyer des textos à certains journalistes ou à gronder sa rédaction de Paris Match, ses «conseurs et confrères», en usant elle aussi de Twitter.

Une influence largement fantasmée, selon leur entourage. «Elle ne travaille pas avec lui. Elle a des discussions, des échanges a posteriori, comme dans n’importe quel couple.» Pendant la campagne, Trierweiler possédait pourtant un bureau à l’étage de la communication. «C'est important d'avoir sa sensibilité, son avis», expliquait Manuel Valls, dans un article au Monde magazine. Lors de l’inauguration de son QG, on l’avait vu venir échanger avec les journalistes. Tout en restant discrète sur sa propre personne. Entre 2011 et 2012, Trierweiler a fait en effet une brève percée dans les médias pour faire la promotion de son émission sur Direct 8 puis dans une interview à Femme actuelle lors de l’entre-deux-tours. On est loin d’une offensive médiatique massive. «Tout le contraire d’une Carla Bruni», raille un proche de Hollande.

Et maintenant? Dans une interview au Times, Trierweiler explique cette semaine qu’elle ne «compte pas être une potiche» et s’imagine plus comme une Hillary Clinton ou une Danièle Mitterrand que comme une Bernadette Chirac. En fait, Trierweiler voudrait simplement continuer à travailler, notamment dans les médias, tant qu’il n’y a pas «collusion» avec la fonction de son compagnon. Ce qui exclut bien entendu une reprise de sa carrière de journaliste politique. Mais ce qui laisse la porte ouverte à beaucoup d’autres choses, notamment à la télé. Il lui faudra aussi trouver sa place auprès du chef de l'Etat. «Les gens ont du mal à comprendre pourquoi le passage d’un côté à l’autre du miroir est compliqué. Certes, sur la chaîne Direct 8, je suis à l’écran, mais en tant que journaliste. Ce n’est pas la même chose. Je reconnais qu’entrer dans la lumière n’est pas facile. Je progresse, je comprends la curiosité, j’y réponds – la preuve -, mais j’y mettrai toujours des limites», confiait-elle à Femme actuelle