Gouvernement: Les écologistes veulent une part du gâteau

POLITIQUE En ce moment, c'est la danse du ventre des écologistes pour rentrer au gouvernement de François Hollande...

Maud Pierron

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José Bové, Dominique Voynet, Eva Joly, Cécile Duflot et Noël Mamère le 1er décembre 2011 à Paris, lors de la présentation de l'équipe de campagne de la candidate d'EELV à la présidentielle.
José Bové, Dominique Voynet, Eva Joly, Cécile Duflot et Noël Mamère le 1er décembre 2011 à Paris, lors de la présentation de l'équipe de campagne de la candidate d'EELV à la présidentielle. — AFP PHOTO/JOEL SAGET

Les écologistes le répètent sur toutes les ondes: ils sont «disponibles» pour entrer au gouvernement. Et ils l’ont montré dans l’entre-deux-tours: pas un meeting de François Hollande sans que Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé et Eva Joly ne soient dans les parages. Jean-Vincent Placé, le patron des écolos au Sénat, était d’ailleurs le seul «vert» à être sur la scène de la Bastille dimanche soir, lorsqu’Hollande a pris la parole.

Pour lui, l’entrée des écolos au gouvernement d’Hollande dès le 16 mai est «naturelle» car «les Français attendent que le message de rassemblement soit concrétisé dans un gouvernement». C’est la dernière tendance du côté de François Hollande mais elle n’est toutefois pas encore certifiée. Il existe des «contacts formels et informels», explique le sénateur EELV, dont le nom circule pour un futur maroquin. «On veut réellement peser sur les décisions et influencer sur les orientations mais en ce moment, tout est écrasé par des questions de personnes», regrette un membre en vue d’EELV.

Joly pas dans les petits papiers

Jean-Vincent Placé, comme d’autres écolos contactés, déroule son CV. «J’ai de l’expérience, je suis sénateur, vice-président chargé des Transports de la région Ile-de-France, j’ai acquis un savoir-faire politique non négligeable en tant que numéro 2 du parti», explique-t-il, tout en assurant «ne pas faire campagne» ni «d’autopromotion». «Il vise les Collectivités locales, mais ne l’aura pas», explique un cadre écolo, selon lequel le chiffre de trois entrants écologistes au gouvernement serait le bon étiage, à amplifier éventuellement selon le score d’EELV aux législatives de juin.

Les candidats à EELV sont foisons: de Cécile Duflot, la plus légitime, Jean-Vincent Placé, le plus ambitieux, à l’eurodéputé Yannick Jadot, la grosse cote du moment, mais aussi Michèle Rivasi ou encore Stéphane Gatignon. En revanche, et même si elle a fait des offres de service à la Justice ou pour une mission anti-corruption, Eva Joly n’a pas les faveurs des pronostics. Même au sein des écolos, dont beaucoup ne la considèrent pas capable de prendre un ministère, Daniel Cohn-Bendit y compris. Et l’ex-candidate avait eu beaucoup de mal à digérer l’accord PS/EELV et a rechigné à dire qu’elle voterait François Hollande au second tour.

Les écologistes pourraient atterrir au ministère de l’Ecologie, bien sûr. Ils craignent d’ailleurs que le périmètre, élargi sous Sarkozy, soit rétréci par Hollande. «Ce serait un mauvais signal», prévient déjà Jean-Vincent Placé. Les écologistes visent aussi l’Energie, la lutte contre les discriminations ou l’égalité, les Collectivités locales ou encore la Coopération ou l’Economie sociale et solidaire. «De toute manière, on se dit ‘disponible’. Ça peut avoir l’air d’être de la langue de bois mais c’est la réalité des Institutions: c’est le Président qui décide avec son Premier ministre. Nous on n’a rien à dire», explique un cadre du mouvement.