Dans les coulisses du dernier conseil des ministres

REPORTAGE Où il est question de bilan, de voeux mais aussi de bulles, de dédicaces et de pudiques larmes...

Alexandre Sulzer

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Un huissier ferme la porte de l'Élysée après le dernier conseil des ministres du gouvernement Fillon le 9 mai 2012.
Un huissier ferme la porte de l'Élysée après le dernier conseil des ministres du gouvernement Fillon le 9 mai 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Pour l’occasion, il s’est offert ce petit plaisir. Dans la cour de l’Elysée envahie de journalistes pour le dernier conseil des ministres, Thierry Mariani sort une cigarette et l’allume. «C’est la première fois que je fume dans la cour», s’amuse le ministre des Transports. L’heure de la récré a enfin sonné pour les ministres dont certains sont en poste depuis le début du quinquennat.

Un clap de fin, la veille de la démission du gouvernement, sous le signe affiché de la sérénité et de la combativité. «Il n’y avait aucune tristesse dans les propos du chef de l’Etat, confie Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale. Il a souhaité bonne chance à nos successeurs.» «Il nous a aussi conseillé de nous occuper un peu de nos familles», complète Thierry Mariani.

«Une cure de modestie salutaire»

Plus prolixe, Philippe Richert, secrétaire d’Etat aux collectivités locales, indique que le ministre de l’Intérieur a commenté «de façon factuelle» les résultats du second tour. «Il a pointé du doigt la part de responsabilité de Marine Le Pen dans l’élection de François Hollande. Enfin, il l’a dit en passant.» Nicolas Sarkozy, lui, a livré «des réflexions sur l’Homme, sur la démocratie». «C’est quelqu’un de sincère, dommage que ça n’ait pas été vu.»

L’heure est aussi au bilan. Quelle est la mesure dont le secrétaire d’Etat aux Sports David Douillet est le plus fier? «J’en ai tellement fait en 7 mois… Peut-être la loi sur l’éthique», répond, en toute modestie, l’intéressé qui glisse que la nostalgie «n’est pas [son] style». «Je suis sur un autre démarrage: les législatives dans les Yvelines». Et, en effet, le regard des ministres est souvent tourné vers le palais Bourbon. Laurent Wauquiez, qui se présentera en Haute-Loire, parle d’ «humilité de terrain». «Je crois à l’engagement local, c’est une cure de modestie salutaire».

Des bulles et pas de larmes visibles

«Je repars au combat chez moi dans le Toulois», s’enthousiasme pour sa part la ministre déléguée à la formation professionnelle Nadine Morano qui indique que Nicolas Sarkozy leur a souhaité bonne chance pour les législatives. Elle comme tous les ministres est passée au salon Murat, adjacent à la salle du conseil des ministres, pour se faire dédicacer son chevalet qu’elle exhibe fièrement devant les caméras: «avec mon affection, Nicolas Sarkozy». Une séance de dédicaces au cours de laquelle du champagne a été servie, glisse un ministre. Des bulles mais pas de larmes, assure Nadine Morano: «ceux qui auraient pleuré l’ont fait avec pudeur et sans témoin».

Pudique également, Benoist Apparu qui refuse de dévoiler sa dédicace «personnelle». «Bon, j’y vais, coupe-t-il court à la discussion. J’ai des cartons à faire. Je suis ministre du Logement après tout.»