Présidentielle: Pourquoi Nicolas Sarkozy a échoué à s'imposer au second tour

EXCLUSIF L'abstention serait en cause...

— 

L'abstention a plombé les chances de Nicolas Sarkozy. C'est l'un des principaux enseignements lorsque l'on regarde à la loupe les comportements de vote de l'électorat frontiste au second tour de la présidentielle. En effet, selon CSA, 35 % des électeurs du FN se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Une hausse de 9 points par rapport au taux mesuré trois jours avant le scrutin. Résultat : seuls 44 % ont voté Sarkozy. Une chute brutale de 13 points par rapport à notre précédent baromètre.
« Les électeurs MoDem ont, en revanche, été moins effarouchés que l'on aurait pu le croire par la campagne très droitière de l'UMP dans l'entre-deux-tours, observe Jérôme Sainte-Marie, de CSA. Ils ont été plus sensibles que prévu à l'équilibre des finances publiques – mis en avant par Nicolas Sarkozy – et à la menace fiscale que pouvait représenter pour eux le candidat socialiste. » Et ce, malgré le vote personnel de François Bayrou en faveur de François Hollande. Ils sont ainsi 41 % à dire avoir voté en faveur du président de la République sortant, contre 26 % pour le candidat PS. Juste après le premier tour, les centristes étaient pourtant plus nombreux à dire vouloir voter à gauche (42 %) qu'à droite (36 %). Nicolas Sarkozy a donc réussi à inverser le rapport de force. Mais évidemment pas suffisamment pour compenser le « manque à gagner » lié à la défection des frontistes.
Autre grand enseignement du premier tour : François Hollande a réalisé ses meilleurs scores parmi les bas revenus (59 % des personnes gagnant entre 1 001 € et 2 000 €), tandis que Nicolas Sarkozy s'impose chez les hauts revenus (59 % des personnes gagnant plus de 4 500 €). « Ce sont des données sociologiques très prévisibles, conclut Jérôme Sainte-Marie. C'est un vrai échec pour Sarkozy qui tenait un discours “interclassiste”. »A. S.

La fiche technique

Réalisé par téléphone le 6 mai sur un échantillon national représentatif de 2 612 personnes inscrites sur les listes électorales, constitué selon la méthode des quotas.