L'UMP range les poignards jusqu'au 17 juin

POLITIQUE Place à l'unité malgré les divergences persistantes...

Alexandre Sulzer

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Le Premier ministre François Fillon et le patron de l'UMP, Jean-François Copé, à la Convention nationale du parti majoritaire le 28 mai 2011 à Paris.
Le Premier ministre François Fillon et le patron de l'UMP, Jean-François Copé, à la Convention nationale du parti majoritaire le 28 mai 2011 à Paris. — WITT/SIPA

Surtout ne rien changer. Et ne pas se diviser. C’est en substance le message que les dirigeants de l’UMP ont fait passer au forceps aux médias lundi après-midi, à l’issue d’un bureau politique extraordinaire au siège du parti. «Certains prédisaient un pugilat, désolé», a ironisé le secrétaire général Jean-François Copé qui va installer mercredi le premier comité stratégique pour les législatives. Une instance sur mesure qui réunira les ténors, François Fillon, Jean-Pierre-Raffarin et Alain Juppé compris. Une façon de tenir bon jusqu’aux législatives en associant le plus grand nombre de personnes –et donc d’égos– en une instance commune. Et éviter le clash entre centristes et droitistes, entre copéistes et fillonistes.

En mode automatique, les élus ont répété devant les caméras le mot d’ordre: «unité dans la diversité». Pour après, on repassera. «On va mettre en œuvre l’union jusqu’au 17 juin. Après, on verra où on en est», dit, sans état d’âme, Thierry Mariani, l’un des chefs de file de la Droite populaire. Quant aux différents débats sur les causes de la défaite, ils sont également renvoyés à l’après-législative. «Nous n’avons pas souhaité faire l’exégèse des raisons, le temps viendra», indique Jean-François Copé.

Questions sur le projet à défendre

Mais difficile de présenter un visage totalement uni. Quant le secrétaire général du parti dit ne «pas vouloir s’interdire de parler des sujets qui intéressent les Français» et de placer «la sécurité, l’immigration» aux premiers rangs de ceux-ci, Chantal Jouanno tacle: «on ne peut pas mettre les questions d’immigration en priorité, nous ne devons pas prendre le même agenda que les partis populistes». «On reste sur le projet de la présidentielle, contredit Benoist Apparu. Certes, on n’a pas gagné l’élection mais il reste valable.»

Autre pomme de discorde: la question des triangulaires aux législatives. Si, pour Thierry Mariani, «la ligne est claire: ni Front national ni Front républicain» -une ligne reprise par la plupart des ténors– d’autres préfèrent botter en touche sur cette question qui divise. «Nous répondons aux questions quand elles sont posées», comprendre celle-ci ne se pose pas, réagit ainsi Nathalie Kosciusko-Morizet, notoirement connue pour son opposition à la ligne «ni-ni». «Moi, je dis Front républicain, pas Front national», ose même Chantal Jouanno.

Mercredi, la commission d’investiture pour les législatives se réunira et devra trancher enfin le cas Dati-Fillon à Paris. Une premier test de la nouvelle unité affichée.