Présidentielle: Qui François Hollande choisira-t-il pour son gouvernement?

POLITIQUE Le nouveau président doit composer un gouvernement autour de quinze grands pôles...

M.P.

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François Hollande place de la Bastille, avec plusieurs responsables socialistes et écologistes, le 6 mai 2012.
  François Hollande place de la Bastille, avec plusieurs responsables socialistes et écologistes, le 6 mai 2012. — THOMAS COEX / AFP

Lundi matin, direction le QG de campagne pour François Hollande. Pour commencer à prendre les contacts diplomatiques et travailler sur les dossiers internationaux, a expliqué Pierre Moscovici lors d’un point presse. Pas question de réfléchir au gouvernement alors que la passation de pouvoir n’a lieu que le 15 mai, a ajouté le directeur de campagne du nouvel élu. On n’est pas obligé de le croire.

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Une trentaine de personnes devrait composer le gouvernement de François Hollande organisé en quinze pôles. Le nouveau président a prévenu dans sa campagne qu’il prendrait les meilleurs à chaque poste et ferait forcément des déçus, notamment parmi ses proches. Il doit également former une équipe paritaire. De même, le socialiste hésite encore à ouvrir son premier gouvernement à ses alliés, ou à attendre le résultat des législatives pour le faire, en tenant compte du rapport de force. Si certains noms s’imposent déjà, il reste beaucoup de questions sur beaucoup de maroquins.

Un match Aubry-Ayrault, la surprise Valls?

François Hollande l’a dit et répété aux journalistes: il ne tranchera sur le nom du Premier ministre qu’à l’issue du second tour, après avoir analysé le message envoyé par les Français. Un écart large lui aurait laissé les coudées franche et nommer par exemple, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée, mais inconnu de l’opinion. L’hypothèse Martine Aubry, plus marquée à gauche, peut être favorisée si François Hollande estime que sa majorité est relativement courte et qu’il faut donc quelqu’un pour la tenir. Récemment, après avoir fait ses preuves dans la campagne de François Hollande, la côte de Manuel Valls est remontée tandis que celle de Pierre Moscovici sombrait.

Manuel Valls, surnommé la «kommandantur» pendant la campagne, se dispute l’Intérieur avec François Rebsamen, le responsable du pôle sécurité de l’équipe de campagne. A la Justice, le nom de Bertrand Delanoë circule. Et peut-être Marie-Pierre de la Gontrie, qui suit les affaires de Justice au PS, pour un peu plus de parité. Le maroquin de la Défense semble être promis à Jean-Yves Le Drian, patron de la région Bretagne.

Le retour de Fabius

Pour le prestigieux ministère des Affaires étrangères, des ténors s’affrontent: on parle de Laurent Fabius, qui a beaucoup voyagé pendant cette campagne mais aussi de Pierre Moscovici, qu’il faudra absolument «caser» dans un gouvernement. A l’Economie, Michel Sapin, ami de longue date de François Hollande, semble être le favori naturel. Le ministère des Affaires sociales ne devrait pas échapper à Marisol Touraine, la députée d’Indre-et-Loire. Nicolas Bricq, rapporteur général du budget au Sénat, est pressentie pour le Budget, plutôt que Jérôme Cahuzac.

Vincent Peillon devrait, de son côté, hériter du ministère de l’Education. C’est l’un des meilleurs connaisseurs du dossier au PS. Stéphane Le Foll, député européen, semble bien parti pour obtenir le ministère de l’Agriculture. Arnaud Montebourg, qui a sillonné les usines pendant la campagne au nom de François Hollande, pourrait être récompensé par un ministère ou un secrétariat d’Etat à l’industrie. Le caractère parfois un peu indépendant du député de Saône-et-Loire pourrait encourager François Hollande à le cadrer en rattachant ce ministère à celui de l’Economie, par exemple. Logiquement, un peu trop même, le ministère de l’Ecologie devait être accordé aux écologistes, sûrement à leur patronne, Cécile Duflot. A moins que celle qui va quitter la tête d’EELV ne prenne le ministère de la Jeunesse ou l’Aménagement du territoire?

Aurélie Filippetti pourrait obtenir l’Enseignement supérieur, mais aussi être nommée à la Culture, à moins que Martine Aubry, qui disait en rêver pendant les primaires, l’accepte si c’est un grand pôle étoffé avec la Jeunesse par exemple. Najat Vallaud-Belkacem, l’une des porte-parole, pourrait monter en grade en obtenant un ministère du Logement. Aux Sports, le nom de Valerie Fourneyron, médecin du sport, s’impose depuis de longues semaines. Les radicaux devraient être représentés, peut-être par Jean-Michel Baylet, peut-être aux collectivités locales.