Quels sont les principaux enseignements du scrutin?

GEOGRAPHIE ELECTORALE Comment la France a voté?

Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy et François Hollande sont les deux candidats en lice pour ce second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2012
Nicolas Sarkozy et François Hollande sont les deux candidats en lice pour ce second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2012 — ALFRED/SIPA

Emmanuel Saint-Bonnet, politologue, fondateur de atlaspol.com  et spécialiste de la carte électorale, livre à 20 Minutes les principaux enseignements du second tour de la présidentielle.

Vote des villes et vote des champs

Le second tour confirme que «l’électorat de gauche» s’est urbanisé. François Hollande arrive en tête dans presque toutes les grandes villes mais aussi dans des villes du Sud, comme Marseille, Nîmes, Perpignan ou Avignon, où Nicolas Sarkozy l’avait emporté il y a 5 ans. En revanche, la droite se maintient dans les villes petites et intermédiaires comme Montélimar ou Romans-sur-Isère. «Au PS, les grandes villes, au FN les espaces ruraux et les zones périurbaines, à droite les petites villes», résume Emmanuel Saint-Bonnet. Explication du progrès de la gauche en ville: la présence de diplômés qui votent majoritairement à gauche depuis 20 ans. Résultat: «les pôles attractifs – préfectures et capitales régionales – votent à gauche».

Une France de l’Est et une France de l’Ouest

La conclusion s’impose d’elle-même à la vue de la carte de France. L’Ouest est rose, l’Est est davantage bleu. Toute la Poitou-Charentes a voté Hollande, ce qui n’était pas le cas pour Ségolène Royal en 2007. Même constat pour la Bretagne, l’Aquitaine et la région Midi-Pyrénées. Il y a 5 ans, seul le Limousin avait voté PS majoritairement. Dans l’Ouest, la droite se maintient que dans quelques fiefs comme la Vendée ou le Maine-et-Loire. Dans l’Est, elle se maintient plutôt bien, à l’exception de la zone alpine où l’Isère, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence se retournent.

Un «chiraquisme électoral»

«François Hollande s’est coulé dans le moule de la géographie du chiraquisme.» Elu de Corrèze, le nouveau Président remporte les suffrages dans des terres traditionnellement de droite comme le Cantal, la Haute-Loire et l’Aveyron. Ce qui permet à la gauche de «boucher le trou central» sur la carte de France. Un bon tiers sud-ouest-centre de la France est tout en rose. 

Une conquête de la gauche sur les terres désindustrialisées

Le PS récupère le Nord, la Somme, l’Aisne, les Ardennes. Autant de terres qui avaient voté Sarkozy en 2007 et où le FN a prospéré en 2007. «L’électorat frontiste, dans ces zones où le chômage est fort, est moins politisé que celui, traditionnellement d’extrême droite dans le Sud. Le report des voix a été plus favorable à la gauche. Dans le Sud, les électeurs frontistes ont davantage voté pour Sarkozy, perçu comme un rempart au socialo-communisme», explique Emmanuel Saint-Bonnet. Ce qui explique en partie l’avantage conservé par la droite sur une partie de l’arc méditerranéen, comme le Gard ou le Var.

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