Présidentielle: La Bastille s'enflamme pour François Hollande

POLITIQUE Au son de Yannick Noah et de Jean-Michel Baylet...

Matthieu Goar

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Place de la Bastille, la gauche fête la victoire de François Hollande.
Place de la Bastille, la gauche fête la victoire de François Hollande. — P. ROSSIGNOL / REUTERS

De notre envoyé spécial à la Bastille

Les artistes, Anaïs ou Camelia Jordana, avaient déjà commencé à chauffer les milliers de personnes de la Bastille quand les politiques se pressent au portillon. Alors que François Hollande s’apprête à décoller, le ban et l’arrière-ban du PS se relaient au micro. Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Harlem Désir y vont de leur intervention. Manuel Valls assure l’animation, Benoît Hamon éructe dans le micro. «Le changement, c’est… maintenant.»

>> Dès ce dimanche soir, retrouvez les résultats officiels, commune par commune, du second tour de la présidentielle 2012

Le PS et ses amis (Eva Joly, Jean-Michel Baylet) profitent. «Quel bonheur de vous voir tous ici pour la victoire de François Hollande, notre président de la République. Maintenant, ça va changer, la jeunesse sera admirée et non montrée du doigt», lance la première secrétaire qui évoque une France qui sera à nouveau «respectée dans le monde», et notamment au «Maghreb» et en «Afrique». Dans la foule, des drapeaux français mais aussi algériens ou irlandais. Aubry fait monter le responsable du PS sénégalais à la tribune, enlace le Premier ministre belge, Elio Di Rupo. Il sera bien temps de penser à la renégociation du traité européen plus tard. Ce dimanche soir, l’ambiance est à la fête.

«Sarko à Guantanamo, Sarko on aura ta peau»

Sur la place, les partisans réunis exultent en attendant Yannick Noah et surtout François Hollande. La place est noire de monde. Dans les rues adjacentes, il est parfois impossible d’avancer. Certains sont joyeux. «Puisque la fête de la Concorde a été annulée, faisons une grande fête de la concorde nationale ici à la Bastille», sourit François Kalfon, un des dirigeants socialistes.

 Plus tôt dans le week-end, Hollande avait d’ailleurs souhaité que ce rassemblement soit un «moment festif», pas une manifestation anti-Sarkozy. Dans l’ensemble, le moment est fraternel. Entre rires, chants et boissons. Mais certains ne peuvent s’empêcher d’expulser leur haine de l’ancien président de la République. «Sarko à Guantanamo, Sarko on aura ta peau», clament des jeunes totalement excités.Les masques à l'effigie du candidat de l'UMP ont un franc succès. 

Cette fois-ci, il ne pleut pas. Mais les responsables socialistes, eux, se rappellent surtout 1981. «A cette époque, j’étais un tout jeune militant. Le PS nous avait avait demandé d’emprunter des voitures avec des téléphones pour assurer l'organisation et un chef d’entreprise m’avait prêté sa BMW. Tout le public m’insultait», se souvient avec le sourire Claude Bartolone.