Présidentielle: Les militants UMP clament «On t'aime Nicolas!»

REPORTAGE A l'occasion du second tour de la présidentielle, «20 Minutes» a passé la soirée à la Mutualité, au QG de Nicolas Sarkozy...

A la Mutualité, Céline Boff

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Des militants UMP attendent les résultats à la Mutualité le 6 mai.
Des militants UMP attendent les résultats à la Mutualité le 6 mai. — J. MUGUET / REUTERS

19h, dans la salle de la Mutualité à Paris, où Nicolas Sarkozy a installé son QG pour le second tour de la présidentielle, les militants UMP veulent encore y croire. Et pour se donner du baume au cœur, on rit et on scande, des «Sarkozy à l’Elysée, Hollande en Corrèze» et «Nicolas, on va gagner». Mais les sourires sont déjà crispés.

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20h, la photo de François Hollande apparaît à l’écran. Un cri parcourt la salle. Un jeune homme s’exclame: «Ce n’est pas nous qui avons perdu, c’est la France!». Les mains se portent au visage, les yeux s’embrument. Comme ceux de Natacha, 25 ans. «Ca va être catastrophique…», souffle-t-elle, la gorge nouée. «Nicolas a tellement fait pour la France, c’est si injuste… j’espère au moins qu’Hollande ne reviendra pas sur toutes les réformes initiées, sinon, les Français ne se rendront jamais compte du merveilleux travail accompli», se désole Camille, 22 ans. Danièle, 52 ans, se tourne vers nous: «C’est dur. Je m’y étais préparée, mais le vivre, c’est difficile. Avec sa politique du travailler plus pour gagner plus, Nicolas ne pouvait pas l’emporter… Regardez tous ces gens, tous ces fainéants».

«Sarkozy perd de très peu»

Les larmes roulent comme des petits diamants sur les joues noires de Stéphane, 24 ans. Il a été de tous les meetings. «Je suis allé dans les villages et dans les banlieues, j’ai fait du porte à porte et du tractage… Ce soir, je suis triste. Mais satisfait de constater qu’il n’y a pas eu de vague anti-Sarkozy. L’écart est très faible». Pierre-Henri, 24 ans, se raccroche aussi à ce résultat: «il y a quelques semaines, on disait que Sarko ne serait pas au second tour, et là, il perd de très peu. Dans quelques mois, les Français vont comprendre que Sarkozy n’était pas un si mauvais président».

Lyne, 52 ans, nous interpelle: «Vous les médias, vous l’avez satanisé, notre Nicolas. J’espère que vous ferez pareil avec Hollande, que vous regarderez sa montre, ses chaussures et les endroits où il part en vacances». «Et Laurence Ferrari qui est habillée en rouge, non mais vous y croyez-vous? Tous les médias sont contre nous», s’agace une militante.

«Etre uni dans la joie comme dans la tourmente»

«Nicolas est aimé partout dans le monde, sauf en France… Que les Français sont bêtes. Maintenant, ça va être l’anarchie», peste Josiane, 64 ans. Et Nicolas Sarkozy fait son entrée sur scène, redonnant un peu de ferveur à la salle. Tout au long de son discours, les militants alternent entre les applaudissements, les cris d’encouragement, les pleurs et les larmes. «On t’aime Nicolas», hurle une jeune fille. A 20h31, le discours s’arrête. La salle entonne La Marseillaise.

«A nos âges, nous ne pouvons pas supporter cela! Au moins, en 1981, c’était Mitterrand, il avait de la culture, il était intelligent. Mais là, c’est un guignol, un Flanby», s’étrangle Dominique, 65 ans. «Le discours de Sarkozy était digne et il a raison, il ne faut pas injurier les triomphés», estime Tri-Alexandre, 26 ans. «Il faut être uni dans la joie comme dans la tourmente. Heureusement, ce soir, nous sommes tous ensemble», lancent Julia et Maxime, bras dessus, bras dessous, en quittant la Mutualité.