Présidentielle : Victoire de François Hollande, Solférino sous les cotillons

POLITIQUE Le siège du Parti socialiste s'est embrasé à l’annonce des résultats…

Matthieu Goar

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Des militants socialistes attendent les résultats rue de Solférino devant le QG de François Hollande le 6 mai.
Des militants socialistes attendent les résultats rue de Solférino devant le QG de François Hollande le 6 mai. — REVELLI-BEAUMONT / SIPA

De notre envoyé spécial au siège du PS

Plus un cm2 de libre. La rue de Solférino bondée égraine les dernières secondes. Le visage de François Hollande apparaît sur l’écran géant. Vacarme de joie. La foule s’embrase pendant que  des milliers de cotillons blancs, bleus et rouges s’envolent au dessus des drapeaux français. Quelques ballons lancés du toit du siège du parti explosent sous la pression populaire. «On a gagné !, on a gagné!» Au premier rang, les responsables socialistes, Harlem Désir, Benoît Hamon ou Aurélie Filippetti, s’étreignent. Devant les appareils photos, un homme tend à bout de bras la Une d’un journal du 11 mai 1981 annonçant la victoire de François Mitterrand. 31 ans plus tard, un socialiste redevient locataire de l’Elysée.

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Les fidèles assaillis de félicitations

A l’intérieur de la Cour de Solférino, même joie entre les dirigeants du PS qui sortent d’une réunion au QG de l’avenue de Ségur. «Je me rends compte de tout le chemin réalisé depuis 2008. J’ai le sentiment du travail accompli», glisse Stéphane Le Foll, l’un des responsables de la campagne de Hollande. Un de ceux qui n’a jamais lâché l’ancien premier secrétaire. Bien avant 20 heures, les embrassades sont émues, les poignées de main franches. Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet du candidat Hollande,  l’un de ses autres fidèles, est félicité par tout le monde. «Je viens de l’avoir au téléphone, il est serein», glisse-t-il.

«Sarkozy l’a sous-estimé»

Les petits fours font leur apparition, lesbuffets sont pris d’assaut. Elisabeth Guigou se promène avec une rose rouge au milieu des people comme le comédien Jacques Weber. «En fait, c’est plié depuis des mois, sourit Julien Dray, ami de longue date, qui fait référence à l’impopularité de Nicolas Sarkozy. «L’intelligence de François Hollande est d’avoir su accompagner cette vague avec calme. Et le candidat de la droite l’a sous-estimé, comme dans la fable du lièvre et de la tortue.» Sur l’écran géant, les clips de la campagne défilent une nouvelle fois. Les partisans se font soudain plus silencieux devant celui qui retrace les grands moments de la gauche au pouvoir. Très vite, la fête reprend ses droits. Place au champagne avant de filer à la Bastille. «Il nous restait un petit stock des élections précédentes», rigole un responsable.