Présidentielle: Les réactions à l'élection de François Hollande

RÉACTIONS Un très grand bonheur» pour Hamon, le «retour de la démocratie» pour Désir...

Enora Ollivier

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Des militants socialistes attendent les résultats rue de Solférino devant le QG de François Hollande le 6 mai.
Des militants socialistes attendent les résultats rue de Solférino devant le QG de François Hollande le 6 mai. — REVELLI-BEAUMONT / SIPA

François Hollande nouveau président de la République: Avant même la divulgation officielle du résultat, les ténors de la gauche ont exprimé leur joie à cette nouvelle.  Benoît Hamon, le porte-parole du Parti socialiste, a ainsi fait part de son «très grand bonheur».  «Si on regarde objectivement le bilan de Nicolas Sarkozy, on trouvera quelques raisons d'expliquer sa défaite», a-t-il renchéri, après l'annonce des résultats, sur BFMTV.

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C'est «une immense émotion», a lancé Martine Aubry. «On est encore un peu tremblants», a-t-elle continué, saluant «la victoire de tous les militants».

Avec François Hollande, «c’est la République qui est de retour», s’est réjoui Harlem Désir, le n°2 du PS. «La France a refusé la dérive sarkozyste et a choisi de reprendre son destin en main. C'est la fin de l'arrogance: ce 6 mai est un jour de victoire pour tous les Républicains», a-t-il déclaré à l'AFP.

Laurent Fabius a qualifié la victoire de «magnifique». Interrogé par l'AFP, qui lui demandait s'il était plus heureux que lors de la dernière victoire de la gauche, l'ex-Premier ministre a répondu: «Je ne sais pas... Quand on se plante, ça dure quinze ans. Donc voilà...».  Pour Manuel Valls, «il faut être respectueux de ce choix», qu’il se soit exprimé pour ou contre François Hollande. «Une tâche ardente, magnifique» attend François Hollande, selon son conseiller, qui s’est dit «très ému» et «tourné vers l’avenir».

Thomas Hollande, le fils du nouveau chef de l'Etat, interrogé sur France 2, s'est dit «très ému» à l'annonce du résultat. «J'ai participé à cette campagne», comme «à celle de Ségolène Royal, ma mère» en 2007 mais «celle-ci est victorieuse», a-t-il poursuivi. Ségolène Royal, elle, se réjouit de «renouer avec la grande histoire de la victoire de la gauche à la présidentielle». D'après elle, François Hollande a été «récompensé pour la cohérence de sa campagne». «Les Français peuvent lui faire confiance», a t-elle conclu, également sur la deuxième chaîne.

Pour l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, candidat malheureux en 1995 et 2002, la victoire de François Hollande ne constitue pas une «revanche», mais «un accomplissement, ce n'est pas une cicatrice qu'on efface, c'est une épreuve qu'on dépasse». Elisabeth Guigou a déclaré sur BFMTV avoir «une grande fierté pour François, pour ce qu'il a accompli, parce qu'il a su (...) porter notre voix, la voix du peuple de gauche et au-delà». 

 

Cécile Duflot a quant a elle salué «une chance pour la France, l’écologie et la démocratie». La secrétaire nationale d’Europe écologie- Les Verts s’est engagé dans la campagne de François Hollande pour le second tour, notamment en participant au meeting du candidat socialiste, le 3 mai, à Toulouse.

François Bayrou a appelé François Hollande à «une démarche de vérité» et de «réconciliation», et à la contruction d'«un esprit d'unité nationale» pour faire face à la crise. «Un pays en crise ne peut pas résoudre les problèmes qui se posent à lui dans le climat d'affrontement que nous connaissons depuis des années. Il faut donc une démarche de réconciliation. François Hollande en a la responsabilité», poursuit-il. «Il faudra construire dans l'action un esprit d'unité nationale. Si la France s'unit, elle peut faire face», conclut le député des Pyrénées-Atlantiques.

Jean-Louis Borloo voit plus loin. Il a appelé «tous ceux qui, au sein du centre droit et de la droite républicaine, incarnent (la) dimension sociale et humaniste», à se rassembler. «Ce rassemblement est la seule voie possible pour nos familles (pour) remporter les législatives», a-t-il encore écrit.

Lui n'a pas attendu 20h pour commenter l'élection de François Hollande -ou, en l'occurrence, la défaite de Nicolas Sarkozy: Dominique Paillé, ancien porte-parole de l'UMP et aujourd'hui membre du Parti radical, a indiqué sur Twitter: «Apres l'annonce de l'AFP [qui a donné des estimations donnant peu avant 19h], cette défaite de N.Sarkozy confirme l'erreur stratégique de la droitisation de sa campagne électorale et de l'UMP.»  «La présidentielle se gagne au centre. N Sarkozy n'a jamais voulu le prendre en compte. Il a eu tort», a-t-il poursuivi.

«Je veux adresser mes voeux de succès à François Hollande», a réagi Jean-François Copé sur France 2, peu après 20h. Mais «mes premières pensées vont pour Nicolas Sarkozy», qui a été «un Président exceptionnel» et un «grand homme d'Etat», a continué le patron de l'UMP. «Nous sommes tous responsabes avec lui», a lancé le députe-maire de Meaux, qui estime que «le temps des commentaires viendra» ensuite.

«La nation s'est exprimée et le choix du peuple doit être accepté avec respect», a de son côté déclaré François Fillon lors d'une brève allocution retransmise sur I-Télé. «François Hollande sera notre président de la République. Je lui adresse mes voeux de réussite dans l'exercice de son mandat au service de la France toute entière», a-t-il ajouté.

«C'est beaucoup de tristesse» a souligné Nadine Morano sur France 2. La député de Meurthe-et-Moselle a également salué «de façon républicaine l'élection de François Hollande», tout en jugeant que Nicolas Sarkozy «a mieux tenu [que les autres dirigeants européens] pendant la crise, car il a résisté». Frédéric Lefevbre a pour sa part «souhaité bonne chance au nouveau président de la République, François Hollande» et «salué chapeau bas l'action de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans».

 

Henri Guaino, visiblement très ému, a exprimé sa «tristesse» au micro de France 2, et a fait part du «sentiment d'injustice» qui l'étreint. Interrogé sur l'attitude de Nicolas Sarkozy au moment où il a appris sa défaite, le conseiller spécial de l'ex-Président a indiqué qu'il avait été «très digne». «C'est un républicain», a-t-il ajouté. La maire UMP du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, a pour sa part affirmé sur Europe 1 que «Nicolas Sarkozy restera un grand président réformateur et courageux». Le président sortant «ne quitte pas la vie politique. Il a très clairement dit qu'il continuerait son engagement politique sous une autre forme.»

«Ainsi passe la gloire du monde», a lancé Jean-Marie Le Pen sur RTL. «Ça ne peut pas être le rejet d'une politique puisque c'est exactement la même pour l'un et pour l'autre», a-t-il continué, estimant que «ça va être assez amusant tout à l'heure de voir la tronche de tous ces insolents». «On s'y attendait» a poursuivi le président d’honneur du Front national car «il y avait un phénomène d'allergie entre lui [Nicolas Sarkozy] et les Français , il était urticant… à plus d'un titre».

Brice Hortefeux s'est pour sa part dit «inquiet pour l'avenir, inquiet pour notre pays», et a ajouté que Nicolas Sarkozy «aspire bien légitimement à prendre un peu de repos», et qu'après il «dira» ce qu'il comtpe faire.