Présidentielle: place de la Concorde, l'attente du feu-vert pour monter la scène de la victoire de Nicolas Sarkozy

REPORTAGE En cas de victoire, Nicolas Sarkozy y a donné rendez-vous à ses électeurs. Mais à 18h, rien ne bouge place de la Concorde...

Claire Beziau

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Place de la Concorde, dimanche 6 mai 2012.
Place de la Concorde, dimanche 6 mai 2012. — C. Beziau / 20 MINUTES

Des touristes font la queue pour une crêpe au Nutella ou des chichis au sucre. Quelques journalistes font le pied-de-grue devant six cars satellites. Une mini grue et trois tracteurs Fenwick attendent leur heure. Des barrières métalliques ceignent le vide, entre le jardin des Tuileries et l’Obélisque. Petite ambiance à la Concorde, là où Nicolas Sarkozy a dit se rendre en cas de victoire après 20h. En milieu d’après-midi, il n’y a aucun militant UMP.

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«Ici, c’est vide!»

A 17h, un semblant d’agitation: une limousine vient d’arriver avec à son bord, deux mariées asiatiques avec un seul époux en costard.

Mohammed, agent de sécurité de 66 ans, veille sur les Fenwick jusqu’à 23h. «Je suis franco-algéro-marocain, j’ai trois passeports». Il a voté Hollande. L’année prochaine, il espère prendre sa retraite à taux plein.

Josiane, sa collègue, est camerounaise. Elle vit ici depuis seize ans et ne parvient toujours pas à acquérir la nationalité française. «Je n’ai pas pu voter… j’aurais voté Hollande.»

Christine, petit bout de femme dynamique, arrive de Bastille à vélo. «A 15h, c’était pas la même ambiance là-bas! Ici, c’est vide!»

«J’attends le feu vert…»

Même impression pour Carlos, étudiant ingénieur à Nevers, qui est venu voir ce qu’il se passait: «je viens de la rue Solférino, il y avait du monde! Ici, c’est mort!», s’exclame-t-il dans un français parfait.

Stéphane, cadreur pour une société mandatée par l’UMP, attend les instructions, heure par heure: «J’ai voté Hollande. Ca me fait un peu mal de devoir bosser pour l’UMP. Si les chiffres ne sont pas bons, on ne filmera pas. Ca me ferait plaisir!», confie-t-il dans un sourire.

Même chose pour Ernando, prêt à installer les deux écrans géants à côté de chaque fontaine de la Concorde. «J’attends le feu vert…»

18h, la limousine s’est ébranlée. Les vendeurs de crêpes font toujours recette dans le vent et le froid.

La circulation est toujours ouverte, les écrans géants ne sont pas installés. Les militants UMP n’ont toujours pas pointé le bout de leur nez.