Comme en 1981, ils votent à gauche

REPORTAGE En 1981, ils votaient pour la première fois, à gauche. En 2012, leurs enfants font le même geste...

Lucie Romano

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La famille Gregorio.
La famille Gregorio. — V.WARTNER / 20 MINUTES

C’est ce qu’on appelle une famille de gauche. Papa et maman, Christophe et Valérie Gregorio, votaient pour la première fois pour un président de la République en 1981, François Mitterrand, bien sûr. Leurs trois enfants ont aujourd’hui entre 18 et 23 ans, les deux plus jeunes votent pour la première fois pour élire un président, François Hollande, bien sûr. Autre génération, et un nouveau «mai 1981»? «Non, répond Valérie. Aujourd’hui, le projet socialiste est beaucoup plus light, il est moins ambitieux au niveau de la transformation sociale.»

Vision en partie contredite par son mari et son plus grand fils, Antonin. Tous deux sont encartés dans leur ville de Levallois-Perret (92), gagnée à la droite depuis 1983 et dirigée par un proche de Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany. Etre socialiste dans une ville de droite n’est pas une sinécure mais «renforce leur militantisme». «Nicolas Sarkozy a tellement cassé le système social! Il y a une dynamique d’espoir et de justice! Les gens de mon âge n’ont jamais connu la gauche au pouvoir, ils ont envie de changer!», clame le passionné Antonin.

Les souvenirs de la victoire de Mitterrand

On imagine son père tenir le même discours, 31 ans plus tôt. Christophe, qui se trouvait dans le 7ème arrondissement le soir de la victoire de François Mitterrand. «Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’y avait pas beaucoup de liesse ce soir-là! Les gens avaient peur que les chars soviétiques débarquent! Des Nantais de mon entourage professionnel sont même partis vivre aux Etats-Unis. Finalement, ils ont tout perdu! », se souvient-il. « C’est vrai que c’était une sensation de libération pour nous, les jeunes, mais il y avait aussi ce genre de scènes grotesques par peur d’une économie dirigée», ajoute Valérie. «Certes, il y a eu les radios libres, les 39 heures et la cinquième semaine de congés payés, mais ce n’était quand même pas la révolution!»

Tous deux refusent toute idée de nostalgie. Ils sont rejoints en cela par le petit dernier, Lucas, lui aussi socialiste mais «plus à droite que ses parents», moins militant aussi. «Stop la mythologie de 1981! Nous, on a avant tout peur d’être précaires! Alors voter Hollande, c’est avoir un espoir de trouver des solutions avec un autre modèle.» Un jeune homme pragmatique, dont le bulletin glissé pour la première fois dans l’urne avait valeur de «consécration».

>> Dès dimanche soir, retrouvez les résultats officiels, commune par commune, du second tour de la présidentielle 2012.

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