Présidentielle: Quel avenir pour l'UMP après la défaite de Nicolas Sarkozy?

POLITIQUE Les tensions entre sensibilités et entre ténors font courir un risque d'implosion de la droite française...

Alexandre Sulzer

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François Fillon et Jean-François Copé saluent les militants UMP lors du Campus de Marseille le 4 août 2011
François Fillon et Jean-François Copé saluent les militants UMP lors du Campus de Marseille le 4 août 2011 — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Les premiers contre-feux sont déjà allumés. Dès l'entre-deux-tours, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a annoncé son intention d'autoriser les différentes sensibilités de l'UMP à s'organiser en «mouvements». Officiellement, il s’agit d’ «entendre toute la diversité» du parti «dans la perspective de la victoire». Mais le vrai objectif consiste à lâcher la bride aux différentes sensibilités – droite populaire, les humanistes, droite sociale… - pour éviter l’implosion. Les statuts de l’UMP, formation née en 2002 de la fusion de l'ancien RPR, de tradition gaulliste, et de l'UDF, pro-européenne, libérale et centriste, prévoyaient cette possibilité qui n'avait pas été appliquée jusqu'à présent.

Le retour à une droite divisée?

«Le pire, pour nous tous, serait un retour à une droite divisée comme du temps du RPR et de l'UDF», a reconnu Jean-François Copé. Dans l’entre-deux-tours, les tensions se sont aiguisées entre l’aile droite et gauche de l’UMP. Alors que Gérard Longuet déclarait qu'il serait «possible» de parler avec Marine Le Pen – se prenant au passage un carton jaune de la direction du parti - Jean-Louis Borloo s’est dit publiquement «gêné» par la stratégie de droitisation de Nicolas Sarkozy dans l’entre-deux-tours.

Rivalité Fillon-Copé

Autre objet de tension dans le parti: la rivalité entre François Fillon et Jean-François Copé dont les ambitions pour 2017 s’entrechoquent. La solidarité de façade entre le Premier ministre et le chef du parti, qui prévalait jusqu’alors, pourrait bien voler en éclats à l’occasion des législatives de juin et de la bataille pour le contrôle du parti. Façon peut-être de s’en prémunir, le secrétaire général a d’ores et déjà annoncé un projet de création d'un comité national stratégique de campagne réunissant les poids lourds de l'UMP pour préparer les législatives. Dès ce lundi, ces questions seront à l’ordre du jour d’un bureau politique exceptionnel.

A la Mutualité, on martèle «l'unité»

Le risque d'implosion était bel et bien présent dimanche soir à dans les esprits à la Mutualité. «Maintenant, c'est très simple, le mot d'ordre, c'est unité, unité, unité», martèle le député de Paris Bernard Debré qui appelle à éviter «le bal des égos». Pour s'en prémunir, Jean-François Copé va «s'entourer d'une équipe comprenant d'anciens Premiers ministres», assure-t-il, en référence à Alain Juppé et François Fillon. «Les militants ne comprendraient pas que l'UMP ne soit pas uni pour les législatives.» Mais «après» cette échéance, «on peut tout voir», reconnaît-il.

Cette belle volonté est d'ores et déjà lézardée. Dans les couloirs de la Mutualité, l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel, chef de la Gauche moderne, met, lui, les pieds dans le plat. «Est-ce le moment pour construire quelque chose au centre? Je lance un appel», lâche-t-il. Comprendre tenter de fédérer les centristes du Parti radical, du Nouveau centre mais aussi de l'UMP au sein d'une force nouvelle et indépendante. N'en déplaise à Jean-François Copé, les forces centrifuges sont déjà à la manoeuvre.

>>Dès dimanche soir, retrouvez les résultats officiels, commune par commune, du second tour de la présidentielle 2012.