Présidentielle: A Los Angeles, les Français ont peur d'une victoire de François Hollande

REPORTAGE Ils votaient, samedi, sans vraiment croire à un retournement de situation...

Philippe Berry

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Une femme vote au consulat de Los Angeles au 2e tour de la présidentielle, le 5 mai 2012.
Une femme vote au consulat de Los Angeles au 2e tour de la présidentielle, le 5 mai 2012. — P.BERRY/20MINUTES

De notre correspondant

Les Français d'Amérique du nord votent traditionnellement à droite. Mais au premier tour, Los Angeles a carrément plébiscité Nicolas Sarkozy, arrivé en tête avec près de 50% contre 24% pour François Hollande. «Malheureusement, en France, le reste de la population ne partage pas notre enthousiasme», se lamente Georges, venu voter au Consulat, samedi. «Vous imaginez Hollande en photo à côté d'Obama à un sommet du G8? Il n'a ni charisme ni crédibilité. C'est un homme de coulisses, pas de premier plan».

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Ce n'est pas tant l'homme que ses idées qui dérangent Edouard, Camille et Emilie, qui terminent leur thèse à Los Angeles. «Sa seule idée, c'est d'augmenter les impôts. Il n'y a pas besoin de calculatrice pour réaliser que ça ne suffira jamais. Il n'a rien avancé de concret pour réduire les dépenses. On aura davantage d'Etat providence alors que la France n'en a plus les moyens», estime le jeune homme. Emilie, elle, mise sur une cohabitation pour «limiter les dégâts». «Ce n'est pas l'idéal non plus. J'espère surtout qu'il ne tiendra pas toutes ses promesses», ironise Camille. «Sinon, on va à la catastrophe.»

«Si Hollande gagne, j'aurai honte de mon président pour la première fois»

En attendant de glisser leur bulletin dans l'urne, deux femmes discutent. «Je suis de Neuilly. Nicolas Sarkozy m'a mariée, c'est sentimental», confie l'une. «Si Hollande gagne, j'aurai honte de mon président pour la première fois», souffle l'autre.

Alexandre, la trentaine, venu voter avec sa compagne et ses deux jeunes enfants, s'invite dans la conversation: «Moi, c'est de Nicolas Sarkozy dont j'ai honte.» Dehors, il s'explique. «Vouloir parachuter son fils, qui n'avait pas diplôme, à la tête de l'Epad, alors que toute ma génération galère pour trouver un job, de qui se moque-t-on?» Si le couple se dit «plutôt centriste», il a «fait barrage» à Nicolas Sarkozy dès le premier tour en votant Hollande.

«Les partisans de Sarkozy oublient un peu vite qu'il prônait des crédits hypothécaires à l'américaine deux mois avant la crise des subprimes. Il n'a aucune vision économique», tranche Alexandre. Sa compagne veut un président «qui défende les programmes sociaux, la santé et l'éducation». Selon elle, il y a «une hypocrisie de certains Français qui ont réussi aux Etats-Unis. Ils oublient souvent qu'ils ont bien profité du système français avant de partir».

«Peur pour l'avenir de la France»

L'opinion du couple est minoritaire. «Franchement, si Hollande gagne, j'ai peur pour l'avenir de la France. Vous avez vu Zapatero en Espagne? La situation est à peine moins pire qu'en Grèce», s'alarme Jean-Michel.

Audrey, étudiante en droit, se sent, elle-aussi, «plus proche» des idées économiques de Nicolas Sarkozy que de celles de son adversaire. Mais selon elle, menacer de quitter la France si Hollande gagne est «ridicule». C'est pourtant bien ce qu'envisage de faire David, 31 ans, qui travaille dans le cinéma: «J'hésitais entre revenir à Paris ou m'installer définitivement à Hollywood. Une victoire d'Hollande pourrait bien faire pencher la balance en faveur des Etats-Unis», explique-t-il. Il sera fixé dimanche soir.

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