Présidentielle: François Hollande en pleine confiance

ANALYSE Le candidat socialiste aborde ce week-end électoral très confiant...

Matthieu Goar

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François Hollande lors de son meeting à Forbach, le 4 mai 2012.
François Hollande lors de son meeting à Forbach, le 4 mai 2012. — POL EMILE/SIPA

De notre envoyé spécial en Moselle

François Hollande aime répéter plusieurs fois les mêmes formules. Le «Si j’étais président» de mercredi soir a marqué les esprits. A Forbach, vendredi, il y a eu le «J’ai confiance…». «J’ai confiance dans la participation qui doit être plus forte dimanche qu’au premier tour. J’ai confiance dans le rassemblement de la gauche. J’ai confiance dans le rassemblement des Gaullistes qui ont vu leur idéal dévoyé par le candidat de la droite. J’ai confiance dans le rassemblement des humanistes et des Républicains, etc.»

Même s’il mobilise jusqu’au bout (une matinale sur RTL, deux départements visités et trois prises de paroles publiques, vendredi), Hollande a effectivement  confiance. Selon son équipe, la dynamique de la fin de campagne est du côté du PS. D’abord grâce au débat télévisé. «Il voulait renverser la table. Mais la table était bien solide», a ironisé Hollande, vendredi. Une auto-satisfaction dont les partisans du meeting de Toulouse avaient déjà pu se rendre compte. «Il (Sarkozy) avait proclamé qu’il n’en ferait qu’une bouchée de ce débat. J’ai peur qu’il soit resté sur sa faim», avait ainsi lancé le candidat socialiste devant la lace du Capitole. Le sondage CSA pour 20 minutes, BFMTV et RMC confirme d’ailleurs cette impression et a dû rassurer l’état-major socialiste qui considérait ce débat comme le «point d’orgue» de la campagne.

L’isolement de Nicolas Sarkozy

Ensuite, c’est l’isolement du candidat UMP qui ravit l’entourage de Hollande. Lui et ses proches ne cessent d’ailleurs d’insister sur ce point depuis l’annonce de Bayrou qui votera donc Hollande. «Jamais un président sortant n’a été aussi isolé», est la phrase répétée depuis jeudi soir. Et le candidat socialiste déclame à l’envi les mots de rassemblement et de réconciliation (comme il l’a toujours fait) mais en appelle maintenant aux «gaullistes» (les déçus de l’UMP) ou aux «démocrates humanistes» (les partisans du MoDem). Histoire d’appuyer encore un peu plus fort sur le levier principal de cette élection : l’anti-sarkozysme.       

Hollande dans un fauteuil dimanche soir? Pourtant les sondages se resserrent chez tous les instituts. 53-47 chez CSA, 52,5-47,5 pour le Rolling quotidien de l’Ifop. Jamais, ils n’ont été aussi serrés mais l’écart théorique reste immense. Il y a cinq ans, Sarkozy devançait exactement  de la même façon Ségolène Royal  finalement battue. Mais, même s’il a commencé à demander à ses troupes «la victoire la plus large possible», Hollande continue à redouter un coup de Trafalgar. Il multiplie les mises en garde contre l’excès d’optimisme («N’avons-nous pas été vaccinés contre cela?», avait-il déclaré à Quimper). Et il mobilise sans cesse car l’abstention est l’un des derniers écueils sur la route qui doit le mener à l’Elysée. «Nous avons toutes les conditions pour l’emporter et en même temps rien n’est fait, rien n’est acquis, rien n’est conquis, rien n’est décidé. Et nous avons encore devant nous tant d’inconnues, qui doivent exiger une mobilisation sans retenue, des indécis, encore trop nombreux», a-t-il expliqué jeudi soir.