François Hollande prend un bain de foule lors de passage à Forbach, vendredi 4 mai 2012, pour la dernière journée de campagne
François Hollande prend un bain de foule lors de passage à Forbach, vendredi 4 mai 2012, pour la dernière journée de campagne — AFP PHOTO/FREDERICK FLORIN

POLITIQUE

Présidentielle: La folle dernière journée de François Hollande

Le candidat socialiste a donné trois meetings, fait trois déambulations et participé à une matinale...

De notre envoyé spécial en Moselle

Une fin de course à l’Elysée en forme de sprint. Malgré son avance dans les sondages, François Hollande a battu la campagne, vendredi. Peut-être sa journée la plus folle depuis un an. Matinale de RTL, décollage du Bourget en avion privé, déambulation en Moselle, prise de parole, interview avec la presse locale, redéambulation, meeting dans la ville de Forbach, redécollage vers la Dordogne, meeting à Périgueux... La campagne officielle se termine vendredi à minuit, opération mobilisation. «Nous serons professionnels jusqu’au bout, jusqu’à la dernière seconde», promettait un membre de l’équipe de campagne. Promesse tenue.

Sur les terres tentées par le FN

Imaginée en début de semaine, cette journée avait un but: mobiliser des terres désespérées qui se sont tournées vers le FN ou vers l’abstention. A Hombourg-Haut (Moselle), deux habitants d’un quartier où des habitations partent en ruine râlent en attendant le candidat socialiste. «Depuis hier, ils ont nettoyé les trottoirs, coupé l’herbe, repeint les murs tagués, ils ne font jamais rien d’habitude», raconte l’un d’eux qui ne vote jamais. Hollande déboule au milieu de centaines d’habitants qui l’acclament. «Ils crient "Hollande président!" alors qu’ils ont tous voté Le Pen, les chiens», siffle un badaud. Dans cette commune rongée par le chômage, le FN est arrivé en tête devant le PS, le 22 avril (31,74%, 26,98%).

>> Revivez le meeting de François Hollande à Forbach par ici

Hollande se fraye un chemin, grimpe sur une estrade montée devant une sorte de baraque à frites. Il évoque la «disparition des services publics», les «votes désespérés». «Nous avons le devoir d’être ensemble. Notre diversité, autour d’un thème fédérateur, le redressement du pays, sera une chance», lance le candidat qui veut réunir «toutes les forces de la France». Jérémy allume une nouvelle cigarette. «Avec lui ou un autre, on continuera à dépenser 100 euros au Lidl pour faire nos courses.» Lui non plus n’a jamais voté. Un bonjour au pharmacien, le candidat et sa caravane filent vers Forbach.

«C’est ici que le candidat sortant est venu faire des promesses sans lendemain»

Des milliers de personnes l’attendent. Les jeunes le pistent dans les rues adjacentes. Des familles entières font le pied de grue devant un local de campagne où il donne une interview à la presse. «Quel accueil, quelle énergie», débute Hollande à la tribune devant une place noire de monde. Encore une fois, le socialiste parle sans note. «Je voulais terminer mon long périple par la Lorraine, car vous êtes une région industrielle qui a beaucoup souffert. C’est ici que le candidat sortant est venu faire des promesses sans lendemain», explique le candidat socialiste, en faisant référence à l’aciérie de Gandrange. Au même moment, des échauffourées entre 200 métallos et des gardes de sécurité font un blessé à l’usine ArcelorMittal de Florange.

Alors Hollande parle du «chômage des jeunes», de la «finance qui ne nous craint plus», de la «réconciliation»,. Gros succès à l’applaudimètre. «Vous avez l’impression, parfois juste d’avoir été délaissé par la République. (…) Vous êtes les enfants de la diversité, vos parents sont venus de loin parfois et vous êtes devenus Français. Maintenant, vous devez prendre votre destin en main, dimanche.» La Marseillaise retentit. Hollande savoure, serre des mains, brandit une rose. Direction Périgueux…