Au meeting des Sables d'Olonne, Nicolas Sarkozy lance son dernier appel

POLITIQUE Nicolas Sarkozy appelle les Français à ne «pas avoir peur», à J-2 du scrutin du second tour de l'élection présidentielle...

Anne-Laëtitia Béraud, aux Sables d'Olonne

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Nicolas Sarkozy lors d'un meeting aux Sables d'Olonne (Vendée), le 4 mai 2012.
Nicolas Sarkozy lors d'un meeting aux Sables d'Olonne (Vendée), le 4 mai 2012. — FABRICE ELSNER / 20MINUTES

De notre envoyée spéciale aux Sables d'Olonne

Ultime jour de campagne présidentielle pour Nicolas Sarkozy. Ce vendredi midi aux Sables d’Olonne (Vendée), le président-candidat a jeté ses dernières forces dans la bataille. En effet, à partir de ce vendredi minuit, il n’a plus le droit de faire campagne, remettant son sort entre les mains des Français.

Alors que les sondages sont toujours défavorables pour le président-candidat, et que son camp a connu la veille une déstabilisation avec l’annonce de François Bayrou (qui votera François Hollande),  Nicolas Sarkozy trouve, au palais des congrès de la ville vendéenne, que la campagne lui «réussit plutôt».

«Si le sursaut national se fait, ce dimanche-là, c'est le monde entier qui regardera le peuple de France»

Pendant une bonne heure et devant les puissants conseillers Emmanuelle Mignon et Patrick Buisson, les mêmes arguments depuis l’entre-deux-tours sont martelés: la crise, la dette, mais aussi le droit de parler aux électeurs du Front national, en rappelant son programme sur l’immigration et sur la possibilité de fermer les frontières extérieures de l’Union européenne. Ainsi lance-t-il cette comparaison sur les frontières: «Imaginez que chacun d'entre vous dans votre maison, vous n'ayez pas de titre de propriété, pas de titre de location, comment verriez-vous le voisin? C'est parce que vous avez un cadastre que vous êtes libres.» Autre récurrence: la violente critique du système médiatique qui serait ligué contre lui, comparé à un «tribunal à juge unique».

Alors que le scrutin du second tour de la présidentielle est désormais tout proche, un scrutin qui scellera son destin, Nicolas Sarkozy rappelle sa foi en une victoire acquise sur «le fil du rasoir». A ses partisans, il lance: «Le dimanche, si tous vous êtes ici, si le sursaut national se fait, ce dimanche-là, c'est le monde entier qui regardera le peuple de France et qui dira: 'chapeau bas peuple de la France, tu es un peuple libre.'»

«C’est la campagne que je voulais faire»

C’est en partant du palais des congrès des Sables, après un court bain de foule sur le bord de mer, que le candidat s’ouvre devant les journalistes, rompant avec le ton pugnace, voire agressif de la réunion publique. «Maintenant je vais rentrer à mon bureau, j’ai du travail. Et ce soir, je suis encore à la télévision sur France 3 pour tous ceux qui voudraient me voir. Et puis samedi on restera tranquillement avec ma femme et mes enfants. Dimanche on ira voter. Peut-être que vous serez là. Et puis dimanche soir, vous me regardez, et moi je vous regarderai.»

Le candidat s’ouvre ensuite sur cette campagne électorale: «Il y a beaucoup d’émotion et de reconnaissance pour ces gens-là. Ces milliers, milliers, de personnes vues tout au long des routes, c’est une responsabilité. Il faut penser à eux. Et il y a une émotion pour la France qui va prendre une décision historique», explique-t-il aux journalistes, avant de lancer un trait à son rival: «Avec François Hollande on s’est réparti les choses, l’arrogance pour lui, et l’humour pour moi. En tout cas c’est la campagne que je voulais faire.»

«Emotion pour la France qui va prendre une décision historique»

Toujours aux journalistes, qu’il a violemment critiqués quelques minutes plus tôt, Nicolas Sarkozy se fait presque tendre: «Rentrez bien, ou profitez des Sables d’Olonne cette après-midi. Si vous n’étiez pas payés pour me suivre, vous ne me suivriez pas? J’ai eu beaucoup de plaisir à faire cette campagne avec vous, je sais qu’il y a eu un petit problème pour l’un ou l’autre d’entre vous hier, je suis désolé, je l’ai appris après. (…) Simplement comprenez aussi qu’il y a une exaspération des gens très très forte qui ont eu le sentiment, peut-être à tort, qu’il y avait un peu de partialité pas de vous, mais d’un système.»

Du «système», quelques partisans rassemblés au palais des congrès des Sables d’Olonne en font une critique acide. Un couple de retraités juge ainsi que «les journalistes ne disent pas la vérité». Et du président du MoDem François Bayrou, dont le nom a été hué en début de meeting, un homme âgé juge son attitude «irresponsable», «traître à sa famille politique».

A deux jours du scrutin, l'espoir d'une victoire de Nicolas Sarkozy anime quelques jeunes filles, autocollant UNI sur leur t-shirt: «On peut gagner, on va gagner.»

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