Présidentielle: Les moments clés de l'entre-deux-tours

POLITIQUE Ils ont marqué les quinze derniers jours de la campagne...

Maud Pierron

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François Hollande et Nicolas Sarkozy, lors du débat de l'entre-deux tours, le 2 mai 2012.
François Hollande et Nicolas Sarkozy, lors du débat de l'entre-deux tours, le 2 mai 2012. — PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Quinze jours de campagne seulement mais certains jours ont plus compté que d'autres...

22 avril, les 17,9% de Marine Le Pen

Le troisième homme est donc une femme. Un choc, car, si elle n’est pas qualifiée pour le second tour, elle réunit plus de voix que son père en 2002, avec 6,4 millions d’électeurs qui ont mis son bulletin dans l’urne.

22 avril, la stratégie droitière de Nicolas Sarkozy

Il donne le ton dès les premiers mots qu’il prononce à la Mutualité: «immigration», «frontière», «mode de vie». Toute sa stratégie de l’entre-deux-tours sera de récupérer les électeurs de Marine Le Pen, en usant des mêmes thèmes qu’elle. La ligne Buisson se poursuit, malgré les réticences de la droite humaniste, pour sauver le président sortant, arrivé second du premier tour, du jamais vu dans la Ve République.

25 avril, Hollande s’y voit déjà

Plutôt que d’arpenter les terres FN, comme il l’avait annoncé dans un premier temps, François Hollande décide de tenir une grande conférence de presse dans le 15e arrondissement de Paris. Pour donner à voir sa future présidence. Son style, ce «changement» déjà «perceptible». Le socialiste assure qu’il tiendra ce type d’exercice tous les six mois pour rendre compte de sa politique. Pendant ce temps, Sarkozy, l’outsider, se démène en meeting. Comme s’ils avaient échangé leurs rôles.

1er mai, la politique avant le travail 

Nicolas Sarkozy a voulu organiser un grand rassemblement le 1er mai, pour protester contre «la privatisation» de cette fête par, pêle-mêle, les syndicats et le PS. Aux syndicats, place du Trocadéro, il lance: «Posez votre drapeau rouge et servez la France», comme si, de retour à l’époque de la Guerre froide, les syndicats étaient des ennemis de l’intérieur. Plus tôt, Marine Le Pen, après avoir rendu hommage – tradition du FN – à Jeanne d’Arc, place des Pyramides, avait expliqué qu’elle voterait «blanc» ce dimanche. Sans donner de consigne de vote à ses électeurs, elle a toutefois descendu en flèche François Hollande et Nicolas Sarkozy. A Nevers (Nièvre), où il rendait hommage à Pierre Bérégovoy, Hollande n’a pu s’empêcher de tenir un mini rassemblement (non prévu à la base): «Je veux promettre mais je ne veux pas me compromettre», lance-t-il, en contrepoint de Nicolas Sarkozy.

3 mai, le débat

Enfin le débat d’entre-deux-tours! Pour François Hollande comme Nicolas Sarkozy, c’est la dernière haie de leur course à obstacles. Les enjeux sont différents: Hollande doit apparaître crédible et présidentiel quand Sarkozy doit être à l’offensive pour faire bouger des sondages défavorables. L’UMP mise beaucoup sur ce débat, sûre de la qualité de son chef, qui a déjà annoncé qu’il allait «exploser» le socialiste. Las, après un début poussif de François Hollande, les débats sont finalement plus qu’équilibrés. A aucun moment Sarkozy n’a pu dérouler ses propositions, constamment renvoyé à son bilan, sur lequel il s’est bien défendu. Un débat âpre, tendu, considéré comme gagné par Hollande, au moins parce que Sarkozy ne l’a pas dominé.

4 mai, Bayrou tourne casaque

Il a fait durer le suspense mais il a pris parti: il votera Hollande, à titre personnel. Car «la ligne qu’a choisie Nicolas Sarkozy est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, avec les valeurs du gaullisme autant que celles de la droite républicaine et sociale», se justifie-t-il. Coup de grâce pour Sarkozy, qui pointe un choix «incohérent» quand Hollande salue une décision «qui honore» Bayrou.