Vote de François Bayrou: Un choix qui l'honore d'après Hollande, la preuve de son incohérence pour Sarkozy

POLITIQUE L'annonce faite par le candidat du MoDem jeudi soir n'a pas laissé les finalistes de l'élection indifférents..

Corentin Chauvel avec Reuters

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Le président du MoDem, François Bayrou, le 3 mai 2012, à Paris.
Le président du MoDem, François Bayrou, le 3 mai 2012, à Paris. — F.GUILLOT / AFP

L’annonce du vote de François Bayrou au second tour de la présidentielle n’a pas laissé les deux finalistes insensibles ce vendredi matin.

François Hollande a ainsi rendu hommage au centriste tout en précisant qu'il n'avait jamais négocié avec lui. «(Ce choix) honore celui qui le fait, car il aurait pu rester sur une position qui aurait été de ne pas voter pour Nicolas Sarkozy. Il est allé plus loin et je pense qu'il a pu convaincre des hommes et des femmes qui ne sont pas de gauche», a-t-il déclaré sur RTL.

«Il n'y a pas d'alliance qui se prépare»

Cependant, le candidat socialiste a indiqué qu'il ne ferait pas d'alliance avec le centriste François Bayrou et qu'il n'accorderait pas de place à son parti dans un éventuel gouvernement. «Il n'y a pas d'alliance qui se prépare, il n'y a pas de tractations, il n'y pas de places qui soient échangées», a précisé le favori des sondages.

S'il est élu, le centriste se situera dans l'opposition, pense François Hollande. «Il prépare sans doute au lendemain de l'élection présidentielle une attitude qui sera celle d'une critique et d'une exigence», a-t-il estimé.

«On a du mal à y trouver une certaine cohérence»

Pour Nicolas Sarkozy, le choix de François Bayrou est en revanche incohérent puisque le dirigeant centriste se dit dans le même temps totalement opposé au programme économique du candidat socialiste.

«Il a indiqué qu'après avoir bien réfléchi il avait voter pour François Hollande (et) il poursuit: "qui conduira le pays à la faillite au mois de février"», a déclaré sur Europe 1 le président sortant. «François Bayrou en tire la conséquence qu'il faut voter pour le candidat qui dit le contraire de ce qu'il a proposé», a-t-il ajouté. «C'est sa logique, on a du mal à y trouver une certaine cohérence», a-t-il insisté.

Nicolas Sarkozy a toutefois minimisé l'impact de cette décision personnelle, l'absence de soutien de François Bayrou en 2007 ne l'ayant pas «empêché d'emporter l'élection». «C'est un choix, j'aurais préféré bien sûr qu'il fasse un autre, mais qu'est-ce que vous voulez? Que je l'accable?», a indiqué le président-candidat. «Je comprends qu'il y ait un peu d'amertume de la part d'un homme qui a perdu en un quinquennat la moitié de ses électeurs sans avoir à gouverner», a-t-il persiflé.


Bayrou ou Sarkozy, une voix vaut une voix

Hollande invite la droite à la réflexion

Contrairement à Nicolas Sarkozy, François Hollande pense qu'il y a une «cohérence» dans le choix de François Bayrou qui a critiqué durant cinq ans l'attitude et la politique du président sortant. Selon le candidat socialiste, la droite devrait s'interroger sur les raisons qui ont poussé le centriste à son choix.

François Bayrou, qui a obtenu 9,1% des voix au premier tour, a annoncé cette décision jeudi soir, sans toutefois donner de consigne de vote à ses sympathisants. Il a motivé son choix par la dérive vers l'extrême-droite dont il accuse Nicolas Sarkozy. Mais si François Hollande «en reste à la gauche classique et à son programme, je serai un opposant, dans une opposition vigilante et constructive», a-t-il ajouté.