Dans la ville rose, François Hollande ose y croire

POLITIQUE Le candidat socialiste a tenu son dernier grand meeting à Toulouse jeudi...

A Toulouse, Béatrice Colin

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François Hollande, jeudi.
François Hollande, jeudi. — F.Scheiber /20 Minutes

Sous le soleil du Midi, devant une foule compacte rassemblée sur la place du Capitole, chauffée par Lionel Jospin et Jean-Pierre Bel, François Hollande n'a pas dérogé à la tradition socialiste de finir sa campagne dans la Ville rose. «Je ne suis pas superstitieux, il ne suffit pas de faire un grand rassemblement à Toulouse pour gagner la présidentielle, mais c'est une condition», a-t-il lancé, en référence à François Mitterrand, qui avait tenu son dernier meeting de 1981 au Stadium.

Galvanisés par le débat

Certains des sympathisants présents n'étaient pas nés il y a trente et un ans. « C'est la première fois que nous votons, mais c'est lui sans hésiter. Hier [mercredi], on pensait qu'il allait ramasser face à Sarkozy, mais il s'en est très bien tiré », notent Audrey, Marion et Stéphane, trois étudiants. Non loin d'eux, Annie et Marie, des retraitées, sont encore galvanisées par la prestation de leur champion. «On a vu en lui un futur président, à la hauteur », soutiennent-elles, prêtes à sabler le champagne dimanche soir. Offensif dans cette dernière ligne droite, «il avait proclamé qu'il ne ferait qu'une bouchée de ce débat. J'ai peur qu'il soit resté sur sa faim », a ironisé François Hollande.

Travail, immigration, justice, il est revenu sur ses propositions en rappelant qu'il «était un candidat normal pour une présidence normale», en forme d'ultime pique à son adversaire. «Je vais vous faire une promesse : le président que je serai ressemblera au candidat que je suis», a-t-il insisté, sans nier «que ce sera dur de réussir, les problèmes ne partiront pas avec le candidat sortant». D'ici là, il appelle à la mobilisation. «Car rien n'est gagné», note prudent Jean-Pierre, 65 ans, venu de Rodez avec sa femme Danielle. S'ils trépignent à l'idée de voir le visage de leur candidat apparaître sur leur écran de télé, ils savent aussi que s'il ne tient pas ses promesses. «Marine Le Pen en profitera en 2017. On n'a pas le droit à l'erreur.»