Présidentielle: Nicolas Sarkozy, ce grand consommateur de sondages

POLITIQUE Selon les informations d'un élu écologistes et du site «Mediapart»...

M. Go.

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Nicolas Sarkozy, le 24 avril 2012, à Paris, lors de la cérémonie du 97e anniversaire du génocide arménien.
Nicolas Sarkozy, le 24 avril 2012, à Paris, lors de la cérémonie du 97e anniversaire du génocide arménien. — REUTERS/POOL New

Dans les jours qui ont suivi le 22 avril, Nicolas Sarkozy s’est moqué des sondages «qui se trompent». «J’espère que ça vous passera l’envie de donner tant d’argent aux sondeurs», avait expliqué le président sortant en marge d’un déplacement. Pourtant, à l’Elysée, le président de la République en a commandé des centaines entre 2007 et 2009, selon des documents obtenus par un élu au nom du droit d’accès aux documents administratifs reconnu par une loi de 1978.

L’écologiste grenoblois Raymond Avrillier a dénoncé ce lundi des «irrégularités» et «l’ivresse sondagière» qu’il a dit constater dans les 4 cartons de documents qu’il a reçus. «264 sondages pour un montant de 6,35 millions d’euros ont été commandés par la présidence de la République entre juin 2007 et juillet 2009 dont certains ont été clairement utilisés par l’UMP notamment en vue de l’élection présidentielle de 2012», a déclaré Raymond Avrillier, lors d’une conférence de presse.

Des questions sur le mariage avec Carla Bruni

Selon le site Mediapart qui a relayé ses accusations, ces études d’opinion concernaient en vrac des questions sur le «Casse-toi pôv’con» («Etes-vous choqué par la réaction de Nicolas Sarkozy?», février 2008) ou la participation de la France aux Jeux olympiques de Pékin («Pensez-vous que la France doive boycotter?», mars 2008). «Si l’Elysée est censé transmettre à Raymond Avrillier la totalité des commandes passées entre 2007 et 2009 (contrats, factures et résultats), ses services n’en ont communiqué à ce stade qu’un gros échantillon. Il manque encore les études de l’année 2007, celles achetées à Ipsos, Ifop, CSA, TNS-Sofres et Sociovision et surtout les factures des sondages sous-traités à Opinionway par Publifact (la société de Patrick Buisson que la Cour des comptes avait épinglée à cause de son contrat «exorbitant» avec la présidence), potentiellement très embarrassantes», explique le site d’information.

Exemple de sondage:

91728223 Casse Toi Sondage

De son côté, Avrillier a expliqué avoir pu obtenir la copie de «nombreux» sondages en 2008 concernant la liaison du président avec sa future épouse. «Que pensez-vous de son mariage possible avec Carla Bruni?», interroge l’un d’eux, ce qui fait dire à l’élu que ces sondages «ne relèvent pas de la conduite de l’Etat».

Ces sondages ont ensuite été décryptés par les conseillers «opinion» du président: Patrick Buisson (ancien journaliste d’extrême droite) et Pierre Giacometti. Selon Mediapart, «tous deux sont convoqués à l’Elysée une fois par semaine, au minimum, et voient leur travail d’analyse grassement rémunéré: 12.000 euros par mois pour Patrick Buisson, 65.000 euros pour GiacomettiPéron (la société de Giacometti)». En 2009, l’intervention de la Cour des comptes a mi un frein à cette pratique.