Le président-candidat Nicolas Sarkozy devant son QG de campagne à Paris, le 23 avril 2012.
Le président-candidat Nicolas Sarkozy devant son QG de campagne à Paris, le 23 avril 2012. — L. Cipriani/AP/SIPA

PRESIDENTIELLE

Le «vrai travail» de Nicolas Sarkozy, c'est quoi?

Le président-candidat a usé de la formule en opposition à «l'assistanat» ce lundi matin...

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Sortant de son QG parisien ce lundi matin, au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy s’est fendu d’une petite phrase sur «le vrai travail», avant d’appeler à un grand rassemblement le 1er mai prochain.

En meeting à Saint-Cyr-sur-Loire, en fin d'après-midi, le candidat a assuré l'explication de texte: «Le vrai travail, c'est celui qui a construit toute sa vie sans rien demander à personne, qui s'est levé très tôt le matin et s'est couché très tard le soir, qui ne demande aucune félicitation, aucune décoration, rien. Le vrai travail, c'est celui qui se dit ‘oh, je n'ai pas un gros patrimoine, mais le patrimoine que j'ai, j'y tiens, il représente tant de sacrifice, tant de souffrances, j'ai trimé pour ce vrai travail (...) ce patrimoine-là, on ne me le volera pas.. C'est celui qui dit ‘toute ma vie, j'ai travaillé, j'ai payé mes cotisations, j'ai payé mes impôts, je n'ai pas fraudé, et au moment de mourir je veux laisser tout ce que j'ai construit à mes enfants sans que l'Etat vienne se servir' en pensant à tous 'ses week-ends et vacances sacrifiés'.»

L'assistanat, un «cancer»

Le matin même, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire avait expliqué sur RTL: «Le vrai travail (...), c’est la différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance», à qui «nous voulons demander des contreparties». Avant d’ajouter que «l’assistanat n'est pas ce que nous voulons pour la France».

Le thème des «dérives de l’assistanat» est devenu récurrent à l’UMP depuis la proposition de Laurent Wauquiez -l'ancien secrétaire d'Etat à l'Emploi devenu ministre des Affaires européennes- début mai 2011.

Les chômeurs dans le viseur

«Cette question de la différence entre le travail et l'assistanat est aujourd'hui l'un des vrais cancers de la société française parce que ça n'encourage pas les gens à reprendre un travail, parce que ça décourage ceux qui travaillent», déclare, le 8 mai 2011 sur Europe1, Laurent Wauquiez.

Le ministre propose alors de «plafonner le cumul de tous les minima sociaux à 75% du Smic» et d’instaurer des contreparties au RSA, une proposition qui est reprise dans le programme UMP pour l’élection présidentielle.

«Différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance»

Les chômeurs seraient-il blâmables? C’est en tout cas l’idée du message sur l’assistanat, réplique à la même époque le socialiste Manuel Valls, qui fustige ces propositions désignant «les chômeurs, ceux qui bénéficient du RSA comme les responsables, comme les coupables, comme les boucs-émissaires de la crise».

Le but de ces offensives, «c'est une fois encore d'essayer de rameuter l'électorat d'extrême droite en montrant du doigt les Français qui vivraient de l'assistanat», ose même Marie-George Buffet. Un discours qui trouve un fort écho dans le contexte actuel, près d'un an après et alors que les 17;9% réalisés par le FN attirent les convoitises du camp Sarkozy...

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