Présidentielle: Y aura-t-il trois débats avant le second tour?

POLITIQUE Nicolas Sarkozy en propose trois à François Hollande, qui ne veut pas déroger à la tradition républicaine...

C.C., N.Bu. et M.P. avec Reuters

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François Hollande (à gauche) et Nicolas Sarkozy (à droite).
François Hollande (à gauche) et Nicolas Sarkozy (à droite). — J.NAEGELEN / REUTERS

La campagne d'entre-deux tours a commencé dès dimanche soir. Dans son discours, Nicolas Sarkozy a réclamé trois débats à son adversaires socialistes, proposition qu'il avait déjà faite dans les dernières semaines de campagne, mais réitérée avec force. 

Il veut un débat sur les questions internationales, un sur les questions économiques et sociales, et un sur les questions de société. «Nul ne se dérobera», a averti Nicolas Sarkozy depuis la Mutualité. «Les Français ont le droit à la vérité», a-t-il ajouté, estimant qu'il ne faut pas de «faux-fuyants». 

«Et pourquoi pas quatre, cinq, six débats?»

Initiative déclinée dans la foulée par François Hollande, depuis Tulle. Comme il l'avait fait lors d'un entretien à 20 Minutes, le socialiste a répété sur le mode de l'ironie: «Et pourquoi pas quatre, cinq, six débats?», demande-t-il. «Il y aura un débat qui prendra le temps nécessaire. C'est la tradition de la Ve république. Ce n'est pas parce qu'il va mal qu'il faudrait changer la règle», ajoute-t-il.

Pas dupe, le socialiste sait que le candidat-sortant veut le pousser à la faute lors de cet entre-deux tours qu'il veut mener comme une «blitzkrieg». Nicolas Sarkozy, mal en point dans les sondages, fait en effet confiance à ses qualités de débatteurs pour rattraper son retard. «L'atomiser», comme il l'a confié à des journalistes. Surtout, le président-candidat savait d'avance que le socialiste refuserait son invitation, ce qui lui permet de le dépeindre en «candidat de l'esquive», qui a «peur», voire qui a quelque chose à «cacher» aux Français. «A nous de le pousser très loin pour l'amener à cafouiller», a confié le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui veut «faire tomber les masques».

«C'est un caprice d'avoir trois débats dans la primaire socialiste?»

Depuis 1974, il y a toujours eu un seul débat d'entre-deux tours. Mais comme le rappellait l'UMP dimanche soir, il s'agit d'une «pratique» et non d'une «règle» inscrite dans le code électoral. «Il faut parfois sortir des traditions», a estimé ce lundi matin le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. 

Ce lundi matin, le débat sur le débat fait ainsi toujours rage. Sur Europe 1, le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë a jugé que les trois duels proposés par Nicolas Sarkozy était un «caprice», une volonté «de faire du spectacle». «Les Français veulent du sérieux», a-t-il affirmé. «C'est un caprice d'avoir trois débats dans la primaire socialiste?», lui a répondu un peu plus tard le ministre UMP Xavier Bertrand sur la même radio. Même argument pour sa consoeur du gouvernement, Nadine Morano, qui a souligné sur Twitter le «manque de courage» de François Hollande.

Sur France 2, la porte-parole du chef de l'Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet, a évoqué la «peur» de François Hollande, comme la plupart des membres de l'UMP. «Les Français ont droit à plusieurs débats parce qu'il y a de très nombreux sujets», a-t-elle estimé. Pour sa part, Martine Aubry a répliqué sur RTL qu'elle ne proposait pas trois débats à Nicolas Sarkozy, «mais trois principes: plus d’invectives, plus de contre-vérités, et pas de faux-semblant». 

Et vous, qu'en pensez-vous? Un seul débat est-il suffisant ou en faut-il plusieurs pour évoquer tous les sujets de la campagne? Donnez-nous votre avis dans les commentaires.