Présidentielle: La stratégie de François Hollande pour l'entre-deux tours

POLITIQUE Le candidat PS devrait enchaîner les déplacements et chercher à rassembler contre Nicolas Sarkozy...

Matthieu Goar, à Solférino

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Portrait de François Hollande.
Portrait de François Hollande. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Et maintenant, quelle stratégie pour le PS? Lors du premier tour, François Hollande a réussi ce dont il rêve depuis le début de cette campagne: devancer le président sortant, un résultat inédit pour un outsider dans toute l’histoire de la Ve République. Le candidat PS espère enclencher une dynamique victorieuse jusqu’au 6 mai. «Maintenant, il faut convaincre, mobiliser et démontrer que François est le seul capable de rassembler», explique Stéphane Le Foll, proche du candidat PS.

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L’entre-deux tours devrait donc être très actif, même si l’idée de trois débats voulue par Nicolas Sarkozy est d'ores et déjà rejetée par le PS. «Il en voulait deux vendredi, il en voudra quatre demain? Non par contre nous ferons un déplacement par jour sur des territoires très différents», lance un dirigeant de l’équipe de campagne. Dès lundi midi, Hollande repart donc en campagne en Bretagne. Jeudi soir, il sera présent sur le plateau de l’émission Des Paroles et des actes et vendredi il sera en meeting à Limoges avant de nouvelles grandes messes à Paris et Toulouse dans la deuxième semaine. La guerre de mouvement se poursuit. 

Aller chercher les électeurs frontistes

L’objectif est de mobiliser au-delà du parti, en essayant de convaincre les électeurs FN. «Rien n'est fait, rien n'est acquis. J'en appelle à tous ceux qui veulent le changement à se rassembler derrière François Hollande. J'en appelle aux écologistes. J'en appelle aux humanistes et aux républicains, a déclaré dimanche Martine Aubry avant de s’adresser aux électeurs du FN. «Ce soir, il faut aussi penser à ceux qui sont en colère, je veux leur dire qu'il y a un autre chemin.» Car avec près de 20% des voix, Marine Le Pen a conquis près de 7 millions d’électeurs, traumatisés par la crise, selon le PS.

«Ce serait une très grande erreur d'expliquer que c'est la thématique de l'immigration qui doit s'imposer. Ces Français ont surtout exprimé une profonde inquiétude sur l'emploi,  le pouvoir d'achat», explique Manuel Valls. Pour rassembler, les ténors socialistes devraient continuer à appuyer sur le «rejet» de Nicolas Sarkozy, une des expressions les plus entendues à Solférino. Une autre façon de réactiver l’idée d’un référendum contre le président sortant. Et de soigner un report de voix flatteur dans les enquêtes d’opinion. Lors de la dernière étude CSA, dimanche soir, 91% des partisans de Mélenchon, 40% de ceux de Bayrou et même 27% des pro Le Pen, affirmaient vouloir voter François Hollande au second tour. «Une campagne, ça se joue jusqu’au bout et jusqu’au dernier jour, nous ferons campagne», indique Stéphane Le Foll.