Présidentielle. Pour Martine Aubry, «les Français ont exprimé une aspiration profonde pour le changement»

RÉACTIONS outes les déclarations des candidats et leurs proches après l'annonce des résultats...

Julien Ménielle

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Martine Aubry.
Martine Aubry. — M. LIBERT / 20 MINUTES

Dès l'évocation des résultats du premier tour de la présidentielle, les candidats et leurs proches ont fait part de leur analyse du scrutin. Entre joie, déception et espoir de lendemain meilleurs.

François Hollande, arrivé en tête: «Le 6 mai, je veux une belle victoire»

Nicolas Sarkozy, son adversaire au second tour, a estimé que «les Français ont pris la mesure du choix historique qu’ils ont à faire. Ils ont démenti toutes les prévisions et déjoué tous les pronostics». Remerciant ceux qui l'ont soutenu, il a estimé que «tout doit être débattu» entre les deux tours, réclamant à nouveau 3 débats, et remettant en avant les thèmes de l'immigration et de la sécurité.

 

Le socialiste Manuel Valls évoque un «désaveu» pour NS. «Rien n’est gagné car il faut rassembler au second tour». Ce sera entre «deux conceptions de l’Etat, deux conceptions de la politique, deux conceptions de la politique économique que les Français devront choisir». Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, «c’est le 6 mai que ce sera gagné. Il faut qu’on rassemble, nous allons marquer nos différences. Les Français veulent une moralisation de la vie politique. Il y a une demande de protection. Les Français en ont marre de ne plus être protégés contre les licenciements,  sur la santé... Nous avons des solutions. Le carnet d’adresse du Fouquet’s ne suffit pas.»

Pour Martine Aubry, «les Français ont exprimé une aspiration profonde pour le changement»

Stéphane Le Foll, directeur de campagne de François Hollande: «Ce soir, c'est une vraie victoire. Aucun président sortant n'a été deuxième au soir du premier tour. Il y a dans ce pays une volonté de changer de président qui traverse toute la société, tous les partis. Cette perspective-là est incarnée par François Hollande. Il faut maintenant rassembler tous les Français, même ceux qui ont voté Le Pen et qui ont eux aussi sanctionné Sarkozy. Une campagne ça se joue jusqu'au bout et jusqu'au dernier jour nous ferons campagne.»

Depuis le siège de Solférino, Lionel Jospin, candidat malheureux du PS en 2002, a salué «une belle soirée parce que les Français ont voté nombreux». Pour lui, les premières estimations «ont confirmé l'isolement de Sarkozy après 5 ans de présidence. Il y a une aspiration au changement qui existe». S'il a affirmé que «rien n'est fait», il a souligné qu'il y avait «des réserves à gauche mais pas à droite».

Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères: «Rien n’est joué», le résultat «ne ressemble en rien» à ce qui avait été prédit, dit-il. Il note que le total des scores de gauche est plus faible qu’annoncé «autour de 42,5% comme en 2007». Il note aussi une participation plus haute qu’annoncée et «troisième erreur, on n’a pas vu la poussée de l’extrême droite». C’est, dit-il, «une nouvelle campagne» qui s’ouvre, avec un «face à face pour pouvoir confronter les projets».

Pour Valérie Pécresse, ministre et porte-parole du gouvenement, «il n'y a pas de désir de gauche»

Alors que Cécile Duflot a affirmé que son score «ne reflète pas le poids de l'écologie politique en France», Eva Joly, candidate EELV, appelle à voter Hollande au second tour

 

 

A la Mutualité, l'ancien ministre Alain Carignon: «Avec un score de Marine Le Pen aussi élevé, Nicolas Sarkozy se défend bien. Sa campagne au peuple est validée: sécurité, immigration, Schengen...» «Mitterrand était devant en 1974, et Giscard en 1981, ce qui ne les a pas empêchés de perdre». Un argumentaire repris par Brice Hortefeux sur RTL: «Ce qui s’est produit très régulièrement, c’est que le candidat qui est arrivé en tête finalement ne gagne pas. On entre maintenant dans le temps de vérité, ce n’est pas une seconde mi-temps, c’est un nouveau match.»

François Bayrou, candidat malheureux, attend pour se prononcer: «Je vais m’adresser aux deux candidats, j’écouterai leurs réponses, et je prendrai mes responsabilités.» Bernard Lehideux, son conseiller: «L'allocution de François Bayrou ne visera pas à se prononcer pour Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Il ne fera pas d'annonce, mais s'adressera aux Français sur sa campagne et sur les résultats du soir.» Pour Philippe Douste-Blazy, «il y aura bien une heure de vérité. Ce sera l’occasion pour une grande force centrale, une force d’équilibre, d’exister. J’appelle de tous mes vœux la création d’un parti qui soit une force d’équilibre en dehors des extrêmes et des sectarismes.

Concernant le deuxième tour, nous avons défendu avec François Bayrou tout un ensemble d’éléments. Je pense à la réanimation du service productif français, la modernisation de la vie politique, ou de la construction européenne. Je voudrais savoir qui va reprendre cela. On va donc voir ce que décident les deux candidats finalistes.

Florian Phillipot, Front national: «Ce soir, Marine Le Pen devient la chef de l'opposition», en référence au score de la candidate du FN (18 à 20%, selon les estimations). Marine Le Pen a déclaré: «Rien ne sera jamais comme avant. Face à tout le système coalisé à coups de mensonges et de faux sondages, nous avons fait exploser les partis du renoncement et de l’abandon. Il ne s’agit que d’un début. Face à un président sortant à la tête d’un parti affaibli, nous sommes la seule opposition à la gauche ultra-libérale, laxiste et libertaire. La vague bleue marine qui fait trembler le système. Des milliers de Français sont entrés en résistance. Ce n’est qu’un début, continuons le combat».

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche depuis la place Stalingrad: «Il n'y a rien à négocier.» Pourtant, l'ancien socialiste donne rendez-vous «le 6 mai pour battre Sarkozy.» «Je vous demande de ne pas traîner les pieds, de vous mobiliser comme s'il s'agissait de me faire gagner.» De son côté, Pierre Laurent a appelé «sans ambiguité à voter pour François Hollande.



Pour Jack Lang (PS), «la dynamique est du côté Hollande»

 

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