Premier tour. Hollande devance Sarkozy d'un point, percée de Le Pen

POLITIQUE Toutes les premières estimations du premier tour de l’élection présidentielle...

Maud Pierron

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Montage photo de François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.
Montage photo de François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. — Mikael Libert/20 Minutes/SIPA

Finalement les urnes auront confirmé les tendances des sondages, au moins pour les qualifiés au second tour. François Hollande vire en tête à l’issue du premier tour, avec 27,97 % des voix, devant Nicolas Sarkozy, à  26,86%, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur après 78,87% des bulletins dépouillés, peu après 22h30. Un président sortant deuxième au premier tour, c’est du jamais vu dans l’histoire de la Ve République. «Un désaveu», d’après le socialiste Manuel Valls, qui permet à François Hollande d’aborder la campagne d’entre-deux tours dans la meilleure des positions avec un score très haut. Difficile, en revanche, pour Sarkozy d’enclencher une dynamique. Attention toutefois, prendre la tête du premier tour ne signifie pas la victoire au second: Mitterrand en 1974, Valéry-Giscard d’Estaing en 1981 et Jospin en 1995 peuvent en témoigner.

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«Rien n'est joué», clament les deux camps, de Manuel Valls à Alain Juppé en passant par François Fillon. Car, attention aussi, ce n’est pas le «scénario rose» rêvé par François Hollande même si l’union de la gauche se met en place avec les appels à voter pour lui d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon. La surprise vient en effet du haut score de Marine Le Pen, estimée à 19,03%, le meilleur score jamais enregistré par le FN à une présidentielle, et du faible pourcentage attribué à Jean-Luc Mélenchon, à 10,86%. Malgré ce relatif mauvais score, bonne nouvelle pour François Hollande, le «total gauche» est assez haut, dans les eaux de 1988 mais aussi de 1974.

Bayrou s'écroule

La candidate du FN détient sans doute «la clé» du second tour pour Nicolas Sarkozy. Jusque-là, les reports de voix des électeurs frontistes sur Nicolas Sarkozy n’étaient pas bons. Nul doute qu’à l’UMP, la stratégie de droitisation prônée par Patrick Buisson devrait être choisie pour l’entre-deux tours. En effet, François Bayrou ne pourra pas jouer l’arbitre comme il l’a joué en 2007. Loin de ses 18,57% de la dernière présidentielle, le centriste s’est écroulé à  9,18%. En deçà donc du seuil des 10% qu’il comptait dépasser pour peser dans la recomposition de la droite.

Eva Joly  récolte à 2,15% des suffrages. A peine plus que Dominique Voynet en 2007 (1,57%) mais beaucoup moins que Noël Mamère en 2002 (5,25%). L’écologiste, qui a immédiatement appelé à voter pour François Hollande, sauve l’honneur et se place de justesse devant Nicolas Dupont-Aignan, qui obtient 1,86%. A l’extrême gauche, Philippe Poutou, révélation de la fin de campagne, prend le dessus sur Nathalie Arthaud, avec 1,22% contre 0,61 %. Jacques Cheminade, comme en 1995, est bon dernier de ce premier tour, avec 0,25%.

Contrairement à ce qui était annoncé, les Français n'ont pas boudé les urnes. L’abstention s’établit à 21%, au même niveau qu'en 1995 (21,32%).

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