Présidentielle. Sarkozy pourrait nommer Allègre ministre et connaît le nom de son futur chef de gouvernement

Avec Reuters
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Nicolas Sarkozy a laissé entendre vendredi qu'il pourrait nommer l'ancien ministre socialiste de l'Education Claude Allègre dans son futur gouvernement, s'il est réélu le 6 mai.

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Invité de RTL à l'avant-veille du premier tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat a dit qu'il ferait, comme en 2007, une politique d'ouverture, même si celle-ci, a-t-il admis, ne lui a pas apporté «que des satisfactions». Il a également dit avoir une idée précise de qui serait son Premier ministre s'il était réélu - «Je le connais, bien sûr (...) C'est la première décision du président de la République» - mais il a refusé d'en dire plus avant l'entre-deux tours.

Le président-candidat a exclu de faire l'ouverture en direction du Front national et de l'extrême droite - «Avec des membres du Front national, c'est non», a-t-il dit. «Je pense qu'il faut que je rassemble. Il n'y a pas d'autre solution», a-t-il cependant ajouté. «Je ne gouvernerai pas qu'avec mes seuls amis ou mon seul parti politique.»

Allègre veut un gouvernement d'union nationale

«Il y a l'ensemble du mouvement centriste (...). Il y a d'autres personnalités comme Claude Allègre, qui sont des gens qui sont engagés dans une politique de réforme.» Ce scientifique, spécialiste de géochimie et de géophysique aux thèses controversées sur le réchauffement climatique, a déjà été approché par Nicolas Sarkozy pendant l'actuel quinquennat. Il s'est publiquement rallié à la candidature du président sortant et ne ménage pas ses critiques contre François Hollande, tout en affirmant rester «de gauche».

«Je soutiens Nicolas Sarkozy à condition qu'il installe un gouvernement d'union nationale dans lequel des gens comme (le candidat du MoDem) François Bayrou, des socialistes et beaucoup d'experts auraient leur place», disait en février l'ancien ministre et ami de Lionel Jospin dans le Journal du Dimanche. Il affirmait à l'époque ne pas souhaiter pour sa part un ministère. Mais il a notamment été vu depuis lors au premier rang des personnalités qui ont participé dimanche dernier au grand meeting du chef de l'Etat sur la place de la Concorde.

L'ouverture à gauche a été une des marques du début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui avait notamment nommé Jean-Pierre Jouyet, un proche de Lionel Jospin et François Hollande, aux Affaires européennes, et Bernard Kouchner aux Affaires étrangères. Il ne reste plus guère aujourd'hui de cette politique que le ministre de l'Industrie et transfuge du PS Eric Besson. Son collègue de la Culture, Frédéric Mitterrand, doit plus son image de ministre d'ouverture à son nom et à ses liens familiaux avec l'ancien président socialiste François Mitterrand, décédé en 1996, qu'à ses convictions politiques.

L'ancienne secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, Fadela Amara, et l'ex-Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, deux autres symboles de cette politique d'ouverture, ont annoncé qu'ils voteraient Hollande.

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